Chapitre Quatre
Sèvy
Sévy gambadait dans la campagne, gardant les moutons avec le chien de berger. Elle aurait presque vingt ans dans une semaine. Quelle joie de pouvoir enfin se marier ! Son mariage se ferait avec un ami d’enfance. Il s’appelait Nofas. Il était, lui aussi un paysan et avait des terres abondante. C’était décidément un bon parti. Ses parents étaient d’accord, mais c’était surtout grâce aux terres que Nofas avait. Sévy avait honte du comportement de ses parents.
Elle habitait à Frontas, grande ville de Plasméo, pays à la fois étrange et magique. La ville état dirigée par de curieuses personnes que personne n’avait jamais vu dans les yeux. Les parents de Sévy lui avait raconté que les personnes présentes au pouvoir avaient tué l’ancien roi et l’ancienne reine. D’où leur place à la tête de la ville. Elles étaient un bon voisinage mais il ne fallait pas leur déplaire car à ce moment-là, elles affamaient les pauvres paysans. Une de ces personnes procèderait à son mariage.
Une semaine plus tard, Sévy prononça ses vœux. La fête dura toute la nuit, les mariés ayant invités presque toute la ville. Lorsque l’aube pointa le bout de son nez, les derniers fêtards rentrèrent chez eux. Sévy et Nofas aidaient à ranger l’endroit où s’était déroulé la fête. Alors qu’ils allaient enfin rentrer chez eux, épuisés, celui qui les avait marié se montra à eux, se cachant sous une longue robe blanche spéciale pour les mariages. La plupart du temps, il étaient comme les autres et s’habillait de noir.
— Tous mes vœux de bonheur, fit-il d’une voix grinçante. Quel malheur pour moi de vous annoncer une bien triste nouvelle ! Je suis dans le regret de vous annoncer, que maintenant que vous avez une femme, il y a plus de taxes. Croyez bien que j’en suis navré mais c’est la justice.
— Devons-nous beaucoup, demanda Nofas, inquiet, et fit la grimace en voyant l’homme hocher gravement la tête. Nous nous sommes équipés du minimum concernant notre mobilier. Nous ne pouvons donc pas nous en séparer. Cependant… j’ai des terres.
— N’allez pas imaginer que la justice laisse ses citoyens mourir de faim ! Nous nous sommes mis d’accord et nous ne vous prendront juste ce qui pousse au-dessus de la terre. A présent que cela est règlé, je dois vous laisser. Bonne nuit à tous les deux !
Il s’en alla en direction du château, rejoindre ses amis. Nofas voulait tant pleurer mais il ne le pouvait pas. Il devait se montrer fort dans ces circonstances. Il devait montrer à Sévy qu’il était un très bon mari et qu’il pouvait faire des tas de choses.
*
**
— J’ai fait mes petites recherches, fit la voix à l’homme à la robe blanche dans la salle sombre du château. Mes efforts n’ont pas été vain car j’ai retrouvé la fille du roi et de la reine. Je viens de la marier aujourd’hui.
— Autant en profiter, fit une autre voix. Massacrons-la puisqu’elle est dans son lit, bien vulnérable. Son mari n’est pas du genre guerrier et ne nous apportera pas trop d’obstacle. S’il fait trop de bruit, évidemment, nous le mangerons, sans le compter parmi nous : il n’est pas assez digne de faire parti des nôtres.
— Tu es beaucoup trop impulsif, souffla une autre voix d’une voix cassée. Le plan qu’a mis au point notre ami est tout simplement génial… et légal. De plus, ils souffriront avant que nous ne les délivrons dans d’autres atroces souffrances. Pendant que nous, nous nous régalerons de tout ce qu’ils auront cultivé avec acharnement.
— Je dois bien l’admettre, conçut la voix à contrecoeur. Mais pourquoi a-t-il dit que nous ne mangerons que ce qui poussera au-dessus de la terre ? Les racines peuvent nourrir, même si ce n’est pas très bon.
— Les paysans de cette ville sont réputés pour leur ignorance dans ce qui peut être de la survie, assura celui qui avait marié Sévy et Nofas. Cependant, il reste un risque minimum. Le père de Sèvy n’était pas d’ici. Sa fille peut parfois avoir des comportements étranges. Mais il y a peu de chance pour qu’elle s’en sorte, elle et son mari. Et lorsque nous l’aurons, notre vengeance sera terminée. Toute sa famille aura été complètement éliminée.
— Alors nous serons vengé, s’écria la voix cassée, enjouée.
*
**
La semaine passa où le couple resta chez lui, ne voulant pas que la nouvelle s’ébruite. Ils étaient ruinés et allaient bientôt mourir de faim. Ils ne pouvaient pas demander de l’argent aux parents de Sèvy car ils avaient voulu ce mariage par interêt sur les terres du marié. Quant à Nofas, ses parents étaient morts. Puis tout le village avait ses propres problèmes. Ils avaient été heureux de faire la fête, mais les villageois ne lèveraient pas le moindre petit doigt pour les sortir de l’embarras dans lequel ils s’étaient trouvé. Alors que Sèvy préparait le minimum pour le dîner, elle eut une idée. Elle s’en offrit à son mari.
— Celui qui nous a marié nous a offert une possibilité de change, expliqua-t-elle. Je pensais que tous ceux du château n’étaient que des hommes sans cœur, mais nous avions tort. Tout le monde avait faux.
— Va droit au but, s’impatienta Nofas, affalé sur sa chaise, pensant qu’il avait épousé une folle. Qu’as-tu préparé pour ce soir ?
— Ecoute-moi attentivement, s’emporta Sèvy. Ce n’est pas parce que tu crois que nous allons mourir de faim qu’il faut se laisser aller. Comme je le disais, j’ai une idée qui fera enrager les gens de la justice et nous assurera de quoi se nourrir. Pour cela il faut cultiver…
— Je ne veux pas empoisonné les gens du château, prévint-il en se levant et en se dirigeant vers la porte de sa chambre. Je ne veux pas avoir de meurtre sur la conscience ! Tout ce qu’il faut faire, c’est attendre leur pitié. Pour cela, tu planteras une vingtaine de graines. Ainsi, voyant notre pauvreté, ils nous laisserons tranquille. Bonne nuit.
Sèvy en resta bouche bée. Avant ce malheur, elle l’avait toujours vu travaillé avec entrain dans ses champs. Et à présent qu’il voyait une difficulté à l’horizon, il abandonnait, sans faire quelque chose pour sauver sa propre vie. Elle en était sidérée. Elle cracha par terre dans sa direction. Il avait osé lui dire qu’elle devait, seule, planter une vingtaine de graine. Sèvy se calma. Puisque son mari ne croyait pas en elle, elle se sauverait elle et lui de la famine sans son accord.
Elle y travailla toute la nuit, déracinant ce qu’ils avaient déjà planté et plantant d’autres graines. Elle ne s’accordait aucun repos, voulant être sûre qu’elle terminerait avant l’aube. Effectivement, elle termina tôt le matin. Épuisée, elle regagna à pas lent sa chambre. Elle se coucha et dormit peu. Nofas la réveilla en même temps que lui, n’ayant aucune pitié pour sa femme qui semblait à bout de force.
Il lui ordonna de préparer son petit déjeuner. Sèvy allait protester mais préféra s’abstenir. Nofas fut fier de lui d’avoir été assez dur et clair la veille pour qu’il reste le maître dans sa maison. Il avait eut peur qu’après que sa femme ait essayer de lui parler d’une chose sans interêt, qu’elle se mette dans l’idée que se serait à elle de diriger la maison. Après s’être rempli la panse, il fourra dans les mains de sa femme quelques graines.
Celle-ci choisit un coin du jardin où elle n’avait rien planté et y enterra les graines, sous l’œil attentif de son mari. Ce qu’il pouvait être couard ! Le soleil tapait fort dans cette ville et Sèvy se sentit extrèmement faible. La tête lui tourna et elle s’effondra, inconsciente.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle vit son mari au-dessus d’elle, le visage ravagé par le remord. Elle enleva toutes les choses méchantes qu’elle avait pensé à son propos. S’il avait été aussi infect, c’était parce qu’il avait peur. Sèvy sourit faiblement pour lui montrer qu’elle allait assez bien et qu’elle serait prête à retourner travailler aux champs.
— Tu aurais dû porter un chapeau, soupira son mari. J’aurais dû faire plus attention à ta santé, je suis vraiment désolé. Ne t’inquiète pas, repose-toi bien et laisse-moi continuer ta tâche. Le soleil tape très fort aujourd’hui.
Sèvy ne le contredit pas. Il ne devait pas savoir qu’elle avait travaillé toute la nuit et qu’elle n’avait dormi que très peu. Mais ses efforts ne seraient pas vain ! La majorité des graines poussera et ils ne mourront jamais de faim, son mari, elle et son enfant à venir. Elle savait qu’elle n’était pas stérile, donc un jour ou l’autre elle porterait enfin la vie en elle.
Un mois passa et il se trouva qu’elle était effectivement enceinte. Son mari décida que s’il s’agissait d’un garçon, il s’appellerait Hedon et laissa sa femme choisir le prénom de la fille. Elle déclara qu’elle se nommerait Hediny. Alors qu’ils labouraient les champs, un des personnage du château vint à leur rencontre. Nofas se sentit mal, mais réussit à retrouver son aplomb. Il alla à la rencontre de leur visiteur.
— Bonjour, sourit-il amicalement. Ne trouvez-vous pas que le temps est favorable ? Cela fait longtemps que l’on ne vous a pas vu ! Cela fait plaisir de vous revoir ! Comment marche les affaires au château ?
— C’est moi qui pose les questions, fit la personne d’un ton sec et Nofas se confondit en excuses que la personne ignora. N’essayez pas de m’avoir ! Vous nous devez votre récolte.
— Mais bien sûr, intervint Sèvy avant que son mari ne commence à parler. Tout de suite. Si vous voulez bien me suivre…
Nofas voulait le prévenir que pas une seule plante n’avait poussé mais sa femme lui coupait à chaque fois la parole. Une fois à l’intérieur, Sèvy sortit dix sacs pleins. Elle les tendit à l’hôte en souriant. Celui-ci les prit un par un pour les déposer à bord d’une carriole qu’il avait sûrement apporté avec lui.
— Vos sac sont remplis, remarqua-t-il au bout du cinquième sac. Mais leur poids n’est pas le même que ceux appartenant à d’anciens villageois. Essayerez-vous de tromper les gens du château ? Mais, s’exclama-t-il en ouvrant un sac. Il ne s’agit que de feuilles ! Vous moquez-vous de nous ? Vous n’auriez jamais du ! Puisque c’est ainsi, vous n’aurez droit à ni ce qu’il y a sur terre, mais également ce qu’il y a en-dessous ! Reprenez vos sacs.
Enragé, il fit descendre tous les sacs qu’il avait porté et, jetant un regard meurtrier au couple, il fouetta son cheval. Nofas n’avait pas bien comprit ce qu’il venait de lui arriver. La solution à son problème se trouvait dans ces sacs. Marchant d’un pas rapide, il regarda à l’intérieur. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant effectivement des feuilles ! Il se tourna vers sa femme en se composant un air sévère.
— Pourquoi t’es-tu moquée de ces gens-là ? Notre situation est pire qu’avant ! Tu aurais pu t’abstenir de toutes farces. Tu iras seule au château pour t’escuser. Je vais écrire un mot pour qu’ils ne te punissent pas trop.
— Tu sais écrire, s’étonna-t-elle.
Son mari ne prit même pas la peine de répondre et rentra dans la maison pour chercher un bout de papier et quelque chose ressemblant à un crayon. Sèvy regarda par-dessus son épaule et y vit de belles boucles. Les dessins que marquait son mari ressemblaient à un beau tableau. Il lui donna et lui dit d’aller au château dès les premières lueurs de l’aube. Sèvy resta un bout de la nuit, regardant ce que tout le monde appelait « écriture ».
Le lendemain, Sèvy alla au château. Arrivée devant, elle s’étonna de ne voir ni gardes ni lumières. Le pont-levis étant abbaissé, elle entra prudemment à petit pas. Une fois à l’intérieur, ce même pont-levis se releva brusquement la laissant enfermé dans le château. Déglutisant avec peine, elle regarda vainement ce qu’il y avait autour d’elle.
Le sol était fait de pierre depuis longtemps usée. Tout ce qu’elle resssentait, c’était de la rouille, de la pourriture et de l’humidité. Une torche brûlait faiblement à dix pas devant elle. Prenant son courage à deux mains, elle alla vers ce qu’il lui faisait penser à de la vie. Comment les gens pouvaient-ils vivre dans un endroit pareil ? Elle arriva à la torche et remarqua enfin que neuf personnes assises sur des fauteuil sombres la regardait, le regard amusé.
Intimidée, Sèvy une gauche révérence et tendit devant elle le bout de papier renfermant de beaux dessins. Une main le lui prit et le lut. Puis il le passa à ses voisins. Lorsque tous eurent fini, une des personne dit d’une voix cassée :
— Nous acceptons vos excuses, mais étant donné que vous vous êtes moqués de nous, il y aura un châtiment. Cependant, nous vous donnons une dernière chance. Nous allons nous procurer un animal rare. Vous en ferez de même. Si vous savez le nom de notre animal et que nous ne connaissons pas le votre, nous vous laisserons tranquille. Si vous ne reconnaissez pas notre animal ou si nous découvrons le nom du votre, le châtiment vous attendra. Nous vous donnons deux ans pour décourvir quelque chose. Vous pouvez disposer.
On ne donna pas à Sèvy l’occasion de contester, le pont-levis s’étant abaisser brusquement. Les neuf personnes avaient disparu. Sèvy en frissonna et partit en courant. Dès qu’elle fut dehors, une vieille femme avança dans la lumière, suivie d’un chien, se présentant devant les neuf personnes.
— Etes-vous contente, demanda une voix provenant d’une des créatures. Nous lui avons laissé sa chance ! Elle devra prouver qu’elle est la descendante de Tesco. Et si elle n’en est pas à la hauteur, elle nous appartiendra, nous sommes-nous bien fait comprendre ?
— Oui, répondit placidement la vieille femme. Mais si jamais elle réussit, vous devez la laisser tranquille. Tel est notre marché !
— Soyez sans crainte.
*
**
Sèvy rapporta tout à son mari qui n’en désespéra que plus. Les gens du château avaient de l’argent, ils pourraient se procurer une créature rare, tandis qu’eux… Sèvy, le regardant s’apitoyer sur son sort, fit la grimace. Comment avait-elle pu se marier avec un tel couard ? Elle prit donc les choses en main. Elle demanda à ses amis dans le village s’ils ne connaissaient pas un animal étrange et extraordinaire. Malheureusement, cela ne se trouvait pas au coin d’une rue. Bientôt, elle ne put plus aller aux nouvelles tant son enfant la faisait souffrir. Enfin, elle accoucha d’un garçon qui se fit appeler Hedon.
Après quelques journée de repos, tandis que son mari se morfondait de plus en plus, elle voulut chercher quelqu’un qui pourrait s’occuper de lui au cas où elle ne réussirait pas à trouver un animal extraordinaire. Mais tout le monde avait eut vent de son infortune quant aux gens du château et personne ne voulut de son fils. Ils pensaient tous que ça portait malheur s’occuper du fils de quelqu’un de mort. Ils ne doutaient pas un instant que Hedon mourrait dans peu de temps et tous se préparaient à son enterrement. Sèvy n’en revenait. Elle déambula dans une forêt et pleura de toute ses larmes. Elle se rendit bientôt compte qu’une petite vieille la regardait en souriant. Lorsqu’elle se vit découverte, elle s’avança et posa une main sur l’épaule de la jeune femme.
— Moi, je veux bien m’en occuper.
Sèvy n’en revint pas. Elle aurait voulu poser des questions, mais lorsqu’elle se releva, elle remarqua qu’elle avait disparu. Elle eut beau appelé, personne ne lui répondit. Elle se dit alors qu’il s’agissait peut-être d’un ange ! Un ange pour marraine, quelle aubaine. La jeune femme rentra chez elle, fière d’elle. Mais lorsqu’elle aperçut son mari, elle se rendit compte que ce n’était pas la fin de ses problèmes. Elle n’avait toujours pas trouvé un animal alors qu’il ne lui restait qu’un peu plus d’un an. Elle s’installa à côté de son mari, sur le lit avec son enfant et attendit l’heure prochaine où les gens du château viendrait la chercher pour la tuer, elle et son mari. Car elle était décidée à ne pas les laisser lui prendre son Hedon. Elle retrouverait cet ange et le lui donnerait pour qu’il puisse veiller sur lui. Elle s’endormit sur cette pensée.
L’année passa et les gens du château amenèrent un animal dont le nom était inconnu de tous. Décidée à sauvée sa vie par tous les moyens, Sèvy demanda à Hedon qui arrivait à courir sans problème alors qu’il avait à peine ans, d’aller aux nouvelles. Hedon partit une journée et revint avec le nom de l’animal. Il s’agissait d’une licorne de Pampelune. Heureuse de sa découverte, elle se pencha sur le problème de l’animal qu’elle n’avait pas encore trouvé. En pleine milieu de la nuit, elle eut l’idée qui pourrait puet-être les sortir d’affaire pendant un temps. Bien entendu, les gens du château n’étaient pas bête et découvriraient tôt ou tard la supercherie, mais Sèvy était prête à tout pour un peu de répit. Elle alla trouver son mari.
— Le château à acheté une licorne de Pampelune. Et de mon côté, j’ai trouvé un animal tout à fait interressant. Il sera dans l’écurie lorsqu’ils viendront le voir.
Son mari en fut étonné et voulut voir l’animal. Sa femme refusa fermement et lui dit qu’il était encore trop faible pour se déplacer. Un mois plus tard, ils reçurent une invitation au château pour trouver le nom de la bête. Sèvy déclara qu’elle n’avait pas le temps, Hedon ayant besoin qu’on s’occupe de lui. Dès qu’il s’éloigna de la maison, Sèvy alla dans l’écurie, se barbouilla toute de miel et se roula dans les plumes du poullailler. Puis elle se roula dans de la paille, dans de l’herbe et dans du fumier. Elle se fit des cornes qu’elle s’attacha sur la tête et se mit du sang de poulet sur la bouche et entre les dents. Elle se mit une sorte de queue entre les jambes et attendit patiemment à quatre pettes. Trois heures passèrent puis son mari revint avec la personne qui les avait marié.
Son mari avait retrouvé le sourire et souriait encore plus quand leur invité ne trouva pas le nom de l’animal alors qu’il était resté plusieurs heures à l’examiner. Sèvy rugit en montrant les dents pour s’en débarrasser mais il ne prit pas peur. Au contraire, il hocha la tête et s’en alla sans un mot. Son mari sauta de joie et lorsque leur hôte fut parti, il appela sa femme. Sèvy, fraîchement lavée, accourut et son mari la félicita. Elle le remercia mais lui annonça qu’il leur faudrait partir. Son mari n’e crut d’abord pas ses oreilles. Ils avaient sauvés leurs terres, ainsi que leurs vies, alors pourquoi quitter ce qu’on avait sauvé ? Sèvy ne voulut pas s’expliquer et ils restèrent donc chez eux.
Le soir, la jeune femme mit un somnifère dans la boisson de son mari et lorsqu’il s’endormit, elle le transporta dans leur charrette. Coinçant son fils sur ses genoux, elle fit galoper les chevaux. Lorsque le petit matin se leva, elle s’arrêta pour se reposer. Les gens du château n’allait pas la chercher jusque là ! Elle connaissait vaguement la région de nom. A un kilomètre se situait la ville de Garéna. Son mari lui avait dit que l’ancien roi y venait. Elle était si impatiente de s’y trouver qu’elle mit longtemps avant de trouver le sommeil. Mais quand il vint, rien n’aurait out la réveiller. Et justement, la vieille femme qui lui avait promis de s’occuper de son fils, apparut au détour du chemin, accompagnée par un gros chien blanc au long poil. Ce dernier prit Hedon dans sa gueule et suivit la vieille femme. Ils se dirigèrent tous deux vers Garéna.
Au petit matin, quand Sèvy se réveilla, elle ne trouva pas son enfant. Nofas se leva et découvrant qu’ils n’étaient pas chez eux, s’en prit à sa femme en la traitant de tous les noms. Elle essaya de le calmer en lui rapportant que leur fils restait introuvable. Malheureusement, cela ne fit qu’empirer les choses. Puis une voix derrière eux, venant du ciel, leur parvint :
— Nous vous avons retrouvés. Personne ne peut nous échapper : ce n’était donc pas la peine de vous fatiguer à nous fuir ! A présent, prépare-toi à mourir, Sèvy !
Nofas s’écarta, n’entendant pas son nom. Il courut se mettre à l’abri et regarda avec horreur ce que des créatures faisaient subir à sa femme. Celle-ci courut d’abord quelques mètres, puis une des neuf créatures, pour s’amuser, lança son épée tourbilloner jusqu’à ses jambes. Les tibias coupés, Sèvy hurla en tombant. Agonisante, elle vit avec horreur les créatures lui foncer dessus. L’une d’entre elles plongea sa main dans un des moignons pour en arracher l’os. Sèvy hurla comme elle n’avait jamais hurlé. Avec ses dernières forces, elle essaya de les repousser, mais elles étaient beaucoup plus nombreuses.
Nofas regarda le carnage se faire à quelques mètres de lui. Lorsque tout fut fini, les créatures entamèrent une sorte de rituel et une fumée noire sortit du sang répandu et alla former une dixième créature. Puis les monstres partirent comme si rien ne s’était passé. Nofas ne se remaria pas, gardant le souvenir de sa femme intacte. Il recommença une nouvelle vie à Garéna comme aubergiste et même s’il rencontra par un hasard bien tombé son propre fils, ni l’un ni l’autre ne se reconnurent.
********************
Fin du quatrième chapitre.
Tiré de contes de versions occitanes.
Il commence à en avoir des chapitres !!
Merci à tous ceux qui ont lu jusque là.
Mydaya.