Auteur : Mydaya

Site : www . alvima . com / mydaya (sans espaces)

Genre : Romance adolescente yaoi

Note : Les personnages rencontrés tout au long de cette histoire sont à moi. Veuillez respectez les droits d’auteur. Attention, il y a beaucoup de langage d’homophobes. Si cela vous gêne, ne lisez pas (si je pensais dire ça un jour, lol)

 

*-*-*-*-*

 

Le Sanglot d’un Ange

Larme 7 : Pour les coups

 

*-*-*-*-*

 

Il était le plus heureux des hommes. Et aussi le plus malade. Cette crève le tuait lentement depuis moins d’une semaine, ce qui l’avait obligé d’annuler le billard avec Quentin et ses potes. Mais pour rien au monde Bruno n’aurait retardé – ou même annulé, sacrilège ! – son rendez-vous prévu avec Cyril.

Il était arrivé bien entendu trois plombes en retard, un parapluie qui se fermait une fois sur deux tout seul en main, la pluie battant encore une fois les pavés de la ville – comme quoi c’était une activité touristique.

 

  Désolé, fit-il à bout de souffle en tenant pitoyablement son pauvre parapluie.

  Maintenant que je me souviens, nous n’étions jamais trop à l’heure pour les fêtes de vos amis.

  Ca n’a aucun rapport.

  C’est quoi le film qu’on va voir ? demanda Cyril en changeant de sujet.

 

Alors que le parapluie de Bruno faisait encore des siennes, Cyril tendit le bras pour que le sien les abrite tous les deux. D’ailleurs...

 

  C’est le mien ! s’écria Bruno. Profiteur.

  Il est très utile, acquiesça Cyril avec un sourire en coin. On n’a qu’à rentrer au sec.

 

Bruno crut percevoir une petite moquerie. Quoi encore ? Il ne gérait pas, encore une fois ? Eh bah, il fallait s’y habituer avec lui ! Une fois à l’intérieur du cinéma, Bruno regarda les affiches autour d’eux et en pointa une. C’était un film d’action tout ce qu’il y avait de plus viril en stock, qu’il avait regardé une fois avec Laurent. Cyril ne fit aucun commentaire et ils allèrent acheter leur place. Une fois assis dans la salle déjà à moitié remplie, Bruno remarqua :

 

  Mais c’est mes fringues !

  Je les aime bien, répondit Cyril en baissant les yeux sur les habits qu’il portait aujourd’hui.

  Voleur. Moi aussi, je les aimais bien. En plus, je n’en ai pas des masses des comme ça.

  ... Mmh, c’est comme la dernière fois, toujours aucune classe.

  Quoi ?

  Je te les rendrais, ne t’inquiète pas.

 

Bruno grommela quelque chose puis s’installa confortablement dans son siège. En plus, ils n’étaient même pas bien placés, trop sur le côté. Ca faisait bizarre d’avoir Cyril qui portait ses vêtements, c’était comme si... ils partageaient quelque chose. Tout d’un coup, il se rendit compte de la bourde qu’il avait faite et essaya lamentablement de se rattraper :

 

  Mais tu peux les garder, si tu veux.

  Plus envie, marmonna distraitement Cyril.

  De toute manière, je ne les aime pas.

  Je n’ai plus envie, j’ai dit.

  ...

 

Ca commençait bien... Si ça se trouvait, il avait fait une bourde du même acabit avec la parapluie. En plus, il n’avait rien à lui dire. C’était sa première expérience d’un rencard alors forcément, qu’est-ce qu’il pouvait espérer de mieux ? Cyril avait toujours tu ses anciennes fréquentations, éludant par là que ça le gavait. Il allait forcément faire la comparaison avec une fille. Déjà, rien que pour lui, avec une fille, Bruno se serait senti plus à l’aise car se moquant totalement de sa voisine. Mais bon, il avait tellement envie de dire des absurdités pour passer le temps. Ca faisait rire Laurent et Josselin dans le temps...

 

  Oulah, celle-là à trop forcé sur le maquillage.

  Où ça ? demanda Cyril, curieux malgré lui.

  Deuxième rangée à droite. La blonde.

  Eurk. Le pire c’est que ça a l’air de plaire à son voisin. Argh... on dirait qu’il est en train de manger du rouge à lèvre...

 

Cyril détourna la tête, l’air dramatiquement dégoûté par l’embrassade baveuse de la rangée à droite.

 

  Il n’a pas peur d’en avoir plein sur lui après ? demanda Bruno.

  Ca doit être waterproof. A ce propos, hier, mes parents m’ont forcé à garder la fille de la voisine pendant qu’ils allaient au resto et elle m’a forcé à jouer à plein de jeux débiles. Moi, pour prévenir tout risque de Barbie et compagnie, je lui avais passé mon PC. J’ai découvert alors qu’il y a des tonnes de petits jeux pour fille genre maquillage, habillage, etc. Horrible. Je n’ai pas réussi à l’en faire décrocher.

  Ahaha ! Elle a quel âge ?

  13 ans.

  Les Barbie sont finies à cet âge-là.

  Tu m’as compris, soupira-t-il en haussant les épaules.

  Mais tu sais...

  Chut ! souffla son voisin d’un ton péremptoire. Les bandes-annonces !

 

Bruno se tut et admira avec amusement les bandes-annonces qui passionnaient tant Cyril. Deux heures et demi plus tard, ils avaient les oreilles bourdonnantes et les jambes flageolantes. Même s’il l’avait déjà vu, Bruno avait bien aimé le film, mais il ne savait rien du goût de son voisin :

 

  Alors ? fit-il tendu.

  Alors quoi ? bâilla Cyril.

  Le film.

  Ah bien sûr, j’aime bien cet acteur, mais bon, ce n’était pas très réaliste.

  Comment ça ? Tu t’y connais en guerre ?

  Plus que tu ne pourrais le penser. Une petite bombe aveuglante et déjà il aurait pu facilement passer les deux gardes sans se prendre deux coups malheureux de couteau. Après, quelle idée de foncer dans le tas ?! Déjà, être tout seul, c’est le premier problème : en guerre, on est plutôt en équipe. Ca sert de jouer à Counter Strike.

  T’as pas aimé, donc.

  Etrangement, si. De toute manière, mon frère m’en avait déjà parlé lorsqu’il était allé le voir avec toi.

 

Oh, la bourde. Ouh quelle était grosse, celle-là ! Même lui s’en était rendu compte tout de suite.

Bruno sut devenir plus blanc que le linge dans les pubs, mais vu l’éclairage plus que douteux du trottoir en cette fin de soirée, cela ne devait pas se voir – enfin, il espérait. Cherche une réplique, se répéta-t-il avec force pour essayer de se sauver de cette situation délicate.

 

  Mon frère avait tellement aimé qu’il m’avait entraîné au cinéma  avec les parents pour nous le montrer, ajouta Cyril, mine de rien.

 

Oui, bon. Il avait raté mais ce n’était pas la peine d’enfoncer le clou ! Et puis, il n’avait qu’à le dire avant la séance ! Il avait proposé le film, mais Cyril aurait très bien pu refuser. En fait, c’était un véritable petit sadique ce petit frère... A se méfier ! Cyril posa sa main sur son bras avec un sourire moqueur en coin :

 

  Ne t’inquiète pas, j’aimais bien le film de toute manière. Pour la prochaine fois, on pourrait se faire un bowling, non ?

  Ca va revenir cher ces sorties..., marmonna Bruno.

  T’as jamais eu de copines, toi...

  Toi non plus, se récria Bruno, vexé.

  Si. Et j’ai plus de classe.

 

Alors là... c’était la guerre ! S’il voulait jouer à ça...

 

  Je ne vois pas comment on peut avoir la classe en restant devant un écran d’ordinateur.

  Eh bien en gagnant à tous les jeux par exemple.

  Tu n’avais pas de lunettes avant.

  Ca plaît aux filles.

 

Et à moi aussi, songea Bruno en rosissant. Malheureusement, son état ne lui permit pas de trouver une remarque blessante vu qu’il était lui aussi un looser d’un certain côté. Le pire, c’était que Cyril qui était pourtant geek avait effectivement plus de classe que lui. Il avait un peu honte.

En montant dans le bus qui les ramènerait chez eux, il se racla la gorge :

 

  Elles sont aussi aveugles que toi, alors.

  Tu n’aimes vraiment pas les filles, rigola Cyril en s’appuyant contre la vitre.

  Disons que nous sommes en concurrence directe. Mais je fais de mon mieux. Pour l’instant, c’est match nul.

  Quand même, murmura Cyril avec un petit sourire amusé. Tu mènes la partie.

  Parce que je ne t’interdis pas de jouer à ta console ? demanda Bruno faussement indigné.

  Il y a de ça.

 

Bruno allait dire quelque chose mais une secousse le fit perdre légèrement l’équilibre et il se retint à temps pour ne pas s’écraser contre Cyril. Ils se retournèrent tous deux vers l’entrée du bus et découvrirent avec horreur l’horaire de pointe, là où les trains des gens qui venaient de finir leur journée de travail arrivaient en masse. Ainsi, une vingtaine de personne en plus montèrent dans le véhicule, se serrant pour faire de la place.

Bruno se retrouva ainsi collé à Cyril avec qui il avait soudain cessé toute conversation. C’est qu’il n’était pas très à l’aise d’être aussi proche du brun ! En plus, un homme d’affaire derrière lui rentrait sa mallette dans le dos, le faisant grimacer. Bruno soupira, espérant qu’ils arriveraient bientôt chez eux !

Il sentit Cyril se contracter sous lui et retenir sa respiration. Lui jetant un coup d’œil de biais, Bruno constata que ses joues étaient rouges et qu’il se mordait les lèvres. Il avait la chaire de poule.

 

  Ca va ? demanda Bruno.

 

Cyril se contracta en haussant les épaules et en penchant un peu la tête. Bruno comprit alors que son souffle venait effleurer l’oreille du plus jeune et que cela lui provoquait des sensations qu’il n’aurait pas voulu connaître dans un endroit pareil. Bruno tourna alors rapidement la tête, les joues aussi rouges que son voisin :

 

  Désolé.

  Mon arrêt est le suivant, murmura-t-il sans s’attarder sur la question.

 

Cyril se faufila difficilement vers la sortie et quelques personnes durent descendre du bus avec lui pour le laisser passer, avant de revenir dans le véhicule. Trois arrêts plus tard, Bruno sortit lui aussi de la chaleur infernale du car.

Une fois rentré chez lui, il se mangea un paquet entier de biscuit, affalé devant la télé, essayant de ne penser à rien. Lorsqu’il entendit ses parents enfin rentrer de leur journée de travail, il les évita en décidant d’aller se laver. De toute manière, cela faisait longtemps qu’ils ne l’attendaient plus pour manger et il s’était bourré de gâteaux.

Sentant l’eau délier ses muscles, il se sentit se détendre. Sa peau frissonna de plaisir et il perçut sensiblement l’écoulement des gouttes le long de son corps. A cet instant, le visage rouge de Cyril lui revint en mémoire et avec la sensation apaisante de l’eau sur lui, son corps se réveilla. Sans penser à autre chose qu’à ce Cyril collé contre lui, il laissa sa main le caresser. Sa respiration s’accéléra et heureusement que l’eau étouffa ses gémissements, pour ne pas déranger ses parents en bas. Mais il avait tellement besoin de plus... Lorsqu’il se déversa sur la vitre de la douche, épuisé, il se laissa tomber sur le sol de la douche. Il se prit alors à caresser chaque parcelle de son corps, comme s’il ne le découvrait que seulement maintenant.

Un instant, il eut un remord : ce n’était pas bien ; il n’avait pas le droit d’éprouver autant de désir pour un autre homme et il aurait du aller se faire vomir dans les toilettes. Mais assez étrangement, le plaisir qu’il ressentait à présent ne le dégoûtait pas. C’était comme... naturel et son corps acceptait toutes ses caresses. Trouvant qu’il s’était un peu trop attardé sous la douche, Bruno se força à se relever, à nettoyer les restes de sperme et à finir rapidement de se savonner.

Un peu plus tard, s’étant enfoui sous ses couvertures, il repensa à sa journée et la trouva merveilleuse. Plus jamais il ne dirait qu’un homme n’était pas fait pour aller avec un autre ! Et qu’est-ce que les gens en savaient, mince ! Ils n’étaient pas à sa place et ils n’avaient pas le droit de juger. Bon, Laurent avait le droit vu qu’il s’agissait d’un de ses meilleurs amis et de son petit frère, hum... Mais pour les autres, ils pouvaient dire ce qu’ils voulaient, il s’en moquait totalement !

Ah que la vie était merveilleuse lorsqu’on avait quelqu’un à aimer... Souriant contre son oreiller, le brun s’endormit quelques minutes plus tard.

 

*-*-*-*-*

 

  Que veux-tu que je te dise, Laurent ? soupira Bruno.

  Eh bien que t’as compris l’exercice qu’on vient de faire en cours.

  T’as vu ma tronche ? Est-ce que j’ai une tête à saisir tout ce que j’écris bêtement sur le papier ?

  Je ne sais pas, moi ! Tu avais l’air concentré.

  De toute manière, je ne vois pas pourquoi tu me demandes, alors que c’est Josselin le malin de la bande.

  Alors, sur ce coup-là, je passe, intervint Josselin en secouant vivement la tête. J’avais l’impression d’être en cours de chinois.

  Quoi ! s’insurgea Laurent. Mais tu étais notre bouée de sauvetage ! Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ?! On va se planter au contrôle !!

  On ne peut pas demander à Baptiste ?

  Euh..., fit Bruno. Depuis qu’on a mis de la colle sur sa chaise la dernière fois, il n’est plus trop motivé à nous adresser la parole...

  C’était pourtant marrant, marmonna Laurent.

  Oui, je ne comprends pas qu’il nous ait maudit jusqu’à la centième génération.

  Cent-unième, corrigea Josselin.

  Bref, pas d’aide de ce côté-là, soupira Bruno. Mais, et ta copine, Josselin, elle ne pourrait pas nous aider ?

  Lucie ? Elle est en seconde, je vous signale.

  Alors les gars, ça déprime ?!

 

Les trois compères se tournèrent vers Elodie qui leur retourna un large sourire. Bruno abandonna sa chaise pour se mettre à genoux et prendre ses mains d’un geste suppliant :

 

  Aide-nous !!

  C’est demandé si gentiment... Mais normalement, Josselin, tu comprends, non ? Tu n’es plus l’intello de la bande ?

  Mais pourquoi on pense ça de moi ?

  Peut-être parce que tu expliques à chaque fois le cours à tes potes.

  Eh bien, cette fois-ci, je n’ai rien capté.

  Les ondes du prof n’allaient plus dans ta direction, commenta Laurent.

  C’est triste, acquiesça Josselin en prenant un air peiné.

 

En soupirant, Elodie s’assit, collant par la même occasion Laurent sans en avoir l’air. Alors qu’elle pointait le cours du doigt pour préciser sa pensée, Bruno la regarda à la dérobée.

Est-ce qu’elle se doutait de quelque chose le concernant ? A la dernière soirée, il l’avait carrément repoussée et il avait vu de l’incompréhension dans ses yeux. Mais est-ce qu’elle s’en souvenait ? Peut-être était-elle trop éméchée pour se remémorer sa défaillance. Mais elle ne semblait pas plus que cela déçue, vu l’effort qu’elle mettait à se coller à Laurent.

C’était étrange de voir ça. Comme quoi les trois compères avaient beaucoup évolué depuis le début de l’année. D’abord catalogués comme une bande de joyeux lurons, Josselin s’était calmé et avait même pris un peu de distance, consacrant pas mal de temps à sa copine ; puis Laurent et Bruno l’avaient suivi en améliorant leur style vestimentaire, ce qui avait pour effet d’appâter toutes les filles. Bruno ne s’était jamais trouvé mignon – mais aussi, il ne s’était jamais posé la question.

De toute manière, il avait rendez-vous avec Cyril après les cours. Lorsqu’on était un autre garçon, le physique ne comptait pas. Enfin, il l’espérait. Cyril était mignon, mais ça ne comptait pas.

Elodie finit son explication et eut un sourire suffisant en les regardant tour à tour. Josselin hochait distraitement la tête, ayant compris ; Laurent l’imitait, n’ayant certainement pas compris mais ne voulant pas être en reste ; et Bruno la remerciait, cachant le fait qu’il n’avait rien écouté.

 

  Au fait, les gars, une soirée, ça vous branche ?

  Encore ? s’exclama Bruno. Mais ça n’arrête pas !

  Disons qu’il faut savoir décompresser. Mais elle est prévue dans deux mois. C’est chez Mireille.

  J’en suis ! fit Laurent – il devait vraiment avoir envie d’une copine.

  Tant mieux ! souffla la blonde en ayant un clin d’œil complice. Tu pourrais demander à ton frère également ? Je connais plusieurs copines qui pourraient être intéressées.

  Ah bon ? Pourtant il n’a jamais été très présent.

  Tu verras..., sourit la jeune fille. Bruno, je te compte parmi nous. Et toi, Josselin ?

  Ah d’accord, je n’ai même plus le droit d’exprimer mon avis, marmonna Bruno en essayant d’éviter de regarder Laurent.

  Dans deux mois ? Ca ira pour moi. Je demanderais à Lucie, fit Josselin.

  J’attends ta réponse. A plus, les gars !

 

La blonde les planta là, courant rejoindre ses amies. Même si c’était la fin des cours, Josselin accepta d’expliquer encore une fois à ses amis.

Puis, rentrant chez lui, Bruno ouvrit tous ses placards et fouilla pour trouver un habit correct. Il avait rendez-vous avec Cyril alors pas question de ressembler à rien ! Quand on était moche comme lui, il fallait compenser ! En plus, c’était la première fois qu’il allait chez Cyril ! Normalement, Laurent devait faire une partie de basket avec des potes du quartier. Il avait bien invité Bruno et Josselin mais le premier avait prétexté que ses parents le réquisitionnaient pour faire le ménage de sa chambre et le deuxième avait affirmé qu’il avait promis à Lucie de l’accompagner pour acheter un chien. Bref, il ne serait pas chez lui pendant quelques heures, jusqu’à ce que ses parents rentrent. Mais qu’est-ce que c’était stressant comme sortie !

Bruno se regarda dans le miroir, essayant de se juger objectivement. Un T-shirt un peu large sur un jean délavé, pourquoi pas ? Ca avait toujours son petit charme, non ? Descendant mettre ses chaussures, il fut surpris de tomber nez à nez avec son père :

 

  Tu vas où ? demanda-t-il sèchement.

  Ca ne te regarde pas, répondit-il sur le même ton.

 

Son père le gifla. Bon, ça commençait mal. Mais d’où est-ce qui lui prenait de soudain s’intéresser à son fils, celui-là ?

 

  Je vais dehors, ajouta-t-il alors.

  Avec qui ?!

  Avec personne. Tu te souviens ? Je ne suis qu’une sale pédale. Pourquoi j’aurais des amis ?

 

Bruno se reprit une baffe. Ouh, elle était forte celle-là... Ce serait malin d’arriver chez Cyril avec les joues rouges.

 

  Je vais faire un basket avec Laurent et quelques potes à lui de son quartier.

  Ouais, c’est ça ! Tu vas te rincer l’œil, oui !! Je vais leur éviter d’avoir à te supporter ! Tu es privé de sorties jusqu’à nouvel ordre ! Je trouve que tu vois un peu trop tes amis ! Maintenant c’est fini les saloperies en cachette ! Tu retournes dans ta chambre et plus vite que ça !

  Mais...

  Et je ne veux pas t’entendre ! Tu ne voulais pas aller dans un institut spécial et bien ici, ce sera pire que la prison !! Monte dans ta chambre ! Et tu ne mangeras pas ce soir, compris ?!

 

Bruno resta pétrifié, jusqu’à ce que son père le pousse vers les escaliers. Le brun se débattit alors, essayant de passer le corps massif de son géniteur, frappant de toutes ses forces pour essayer de débloquer le passage. Malheureusement, son père fut beaucoup plus fort que lui et, après un coup dans les côtes, Bruno s’écroula par terre, sonné. Vaguement conscient, il sentit une poigne ferme le prendre la peau du cou sans douceur, le remonter sur ses pieds et le diriger vers sa chambre.

S’affalant à côté de son lit – son père n’allait quand même pas viser ! – Bruno geignit, son ventre lui faisait atrocement mal. Pendant un cours instant, il eut envie d’appeler Quentin pour lui passer une commande de cassage de gueule, mais il chassa rapidement cette idée. Il n’allait quand même pas se mettre à ce niveau pathétique !!

Bruno souleva son T-shirt et découvrit le début d’un large bleu qui était teinté de rouge. Génial. C’était super esthétique comme ça... Rien que respirer lui tirait la peau et donc lui faisait mal. Bruno calma sa respiration et se releva difficilement. Qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire ? Peut-être devait-il en profiter pour ranger sa chambre pour que son mensonge soit réalité...

Son téléphone portable sonna et il décrocha en reconnaissant le numéro de Cyril.

 

  Allo ?

« Allo, Bruno ? »

  Salut Cyril.

« Mon frère vient de sortir, tu peux venir... si tu veux. »

  Ok, bah j’arrive alors ! Je serais juste un peu en retard.

« Tu dois ranger ta chambre ? »

  Mais pourquoi ça revient sur le tapis ? marmonna Bruno.

 

Il allait rajouter autre chose lorsque la porte de sa chambre s’ouvrit brutalement et que son père débarqua sans plus de cérémonie. Il prit son téléphone encore en main en beuglant :

 

  Je m’en vais changer tes fréquentations ! Plus de portable !!

  Mais...

  Tais-toi ! Tu ne réponds pas à ton père !!

 

Il jeta le téléphone par terre et l’écrasa avec son talon, les composants électriques frétillants encore un peu avant de s’éteindre. Fou de rage, Bruno lui donna un coup de poing, mais comme la dernière fois, son père fut plus fort que lui et le laissa par terre, pantelant, après quatre ou cinq coups bien portés. Après que la porte de sa chambre eut couvert les injures de son père, Bruno se mit à pleurer, regardant d’un air désespéré les restes de son téléphone.

Il espérait tellement que Cyril n’ait rien entendu... Bruno n’avait pas pu lui dire qu’il ne pouvait pas venir et il aurait essayé de faire le mur pour le rejoindre, mais maintenant, ça semblait être impossible. Le sort semblait s’acharner contre lui ! En fait, il aurait mieux fait d’appeler Quentin... Mais à présent que tout son corps lui faisait mal et qu’il n’avait aucun moyen de communication, comment pouvait-il faire ? Tout ce qu’il pouvait redouter c’était que Cyril, dans un accès d’inquiétude, ne vienne voir ce qu’il se passait – et ainsi se faire joyeusement incendier par ses parents.

La sonnette de l’entrée retentit. Non, non, non, non ! Bruno pria tous les dieux qui pouvaient exister et même ceux qui n’existaient pas. Malheureusement, pas une divinité ne le prit en pitié car il entendit son père pester, jurer et fermer brutalement la porte dans un accès de colère. Tout était fini.

 

A suivre...

 

*-*-*-*-*

 

Mydaya : Eh bien oui, même si ça semblait s’arranger, ce n’est pas encore fini car le père n’est toujours pas d’accord. Malgré un début de chapitre bien sympathique, la fin reste sombre. Peut-être que le prochain chapitre aura les situations inverses ;p J’espère que ça vous a plu, malgré tout.

 

Un grand merci à Kiranagio, Tigrou19, Littlemischief, Patate Power, Paprika Star, Lolotte, KrasSnAiA, Obscura et Stina pour vos reviews ! Merci beaucoup encore une fois pour tous vos encouragements !