Auteur : Mydaya

Site : www . alvima . com / mydaya (sans espaces)

Genre : Romance adolescente yaoi

Note : Les personnages rencontrés tout au long de cette histoire sont à moi. Veuillez respectez les droits d’auteur. Attention, il y a beaucoup de langage d’homophobes. Si cela vous gêne, ne lisez pas (si je pensais dire ça un jour, lol)

 

*-*-*-*-*

 

Le Sanglot d’un Ange

Larme 4 : Pour les amis

 

*-*-*-*-*

 

Le lendemain de la soirée, Cyril était irrémédiablement par terre et se plaignit silencieusement de ses courbatures, contrairement à la copine de Laurent qui ne cessait de râler comme quoi ils avaient été trop serrés et qu’elle n’avait pas réussi à dormir parce qu’elle avait eu trop chaud. Mais ne pouvait-elle pas se taire ?!

Agacé, Bruno se servit un petit déjeuner frugal, rapidement rejoint par Laurent – lui-même suivi par sa copine. Ne voyant pas d’échappatoires possibles, Bruno roula des yeux et se fourra le nez dans son chocolat chaud. Comment Laurent pouvait-il la supporter ? Ou bien était-ce lui qui n’arrivait plus à supporter ce genre de comportement ? Non, c’était carrément que la gente féminine le mettait de plus en plus mal à l’aise et l’irritait.

Avant, cela pouvait aller, surtout lorsqu’elles ne s’intéressaient pas à lui, mais depuis que la veille, Elodie s’était collée à lui, aguicheuse, il n’arrivait plus à comprendre ce qu’il se passait dans la tête des filles – non pas qu’il ait essayé de comprendre avant ou qu’il ait compris quoique ce soit – et ça lui faisait franchement peur. Il se sentait comme une proie vivant au milieu de prédateurs, alors que lui était végétarien et qu’il voulait simplement qu’on lui fiche la paix.

Cyril se prit un part de gâteau au chocolat qui traînait de la veille, lorsque son téléphone portable sonna. Décrochant, ses yeux s’écarquillèrent et un sourire étira sa face, semblant comme déterminé. Bruno se demanda qui c’était pour que ça le rende comme ça. Il se sentit étrange, presque énervé... Il n’avait jamais connu ça avant.

Lorsque l’appel fut fini, le plus jeune se tourna vers son frère :

 

  Il y a une convention cet après-midi et je ne l’ai pas vue affichée.

  A quelle heure ? demanda Laurent.

  Dans une demi-heure. Je prends le train.

 

Sans la moindre explication, Cyril rassembla ses affaires – qu’il n’avait pas déballées – puis courut hors de la maison. Bruno se tourna vers son meilleur ami :

 

  Une convention ?

  De jeux vidéo, compléta Laurent en soupirant.

  Je ne connais pas.

  C’est un truc pour geek. Il y a des stands de différents créateurs de jeux et t’es là pour acheter des jeux, ou des goodies, comme des posters, des figurines, des bouquins, etc. Tu y croises des gens bizarres, c’est tout ce dont je peux t’assurer. Il y en a même qui se déguisent !

  C’est un tout autre monde, mais j’ai plus ou moins saisi l’idée.

 

Cyril était vraiment un mordu des jeux, songea Bruno avec mélancolie. C’était bête que lui-même soit aussi nul dans ce domaine... Cyril avait dit qu’il suffisait d’un peu d’entraînement, mais il fallait un minimum de passion pour y passer ses soirées, non ? Bruno aimait se détendre et jouer un peu à la console pour se poser, mais ça ne lui viendrait jamais à l’idée d’y rester plus que nécessaire. Laurent semblait lui aussi considérer son frère comme un extraterrestre.

Il chercha autour de lui, comme cherchant quelque chose et Elodie entra dans la pièce en pleine séance de coiffage :

 

  Sa mère a appelé et elle est rentrée.

  Ah...

  Une autre fois, peut-être.

 

Laurent semblait déçu que sa copine soit déjà partie. Il pensait sûrement durer plus longtemps avec elle... Rha, si c’était comme ça, il allait l’entraîner dans une autre soirée ! Bruno fit des bulles avec son chocolat chaud et Elodie lui frappa la tête pour qu’il arrête.

 

  On va rentrer alors, soupira Laurent, comme si tout était la faute de la tartine qu’il tenait en main.

  A pied ? s’exclama Bruno.

 

En effet, le dimanche, il n’y avait pas de bus, et la dernière fois, ils avaient attendu que quelqu’un – qui avait son permis et sa voiture – les ramène. Soupirant plus que nécessaire, Bruno attendit de se faire tirer par son meilleur ami et fit exprès d’aller en sens contraire pour l’embêter. Laurent lui passa un bras autour du cou puis lui frotta le crâne faisant grogner le brun qui n’arriva pas à se dégager. Ils firent ainsi leur petit bonhomme de chemin jusqu’à l’entrée où ils se lâchèrent pour mettre leurs chaussures respectives.

Sortant sans dire au revoir aux derniers levés, ils entreprirent une longue route, ponctuée de rire lorsqu’ils se courraient après pour se projeter dans les buissons. Ils arrivèrent bientôt un peu plus dans le centre de la ville et c’était plus animé malgré la dernière journée de la semaine.

Bruno se rendit soudain compte qu’il était peut-être temps de parler à Laurent sur son attirance envers son petit frère. Effectivement, il aurait mieux fait de s’y prendre avant, mais bon, il ne pouvait pas penser à essayer de le mettre par terre – ou dans un buisson épineux – et à tout lui raconter en même temps ! La rue était presque vide, et pourtant pas trop, pour ne pas le mettre mal à l’aise, comme un face à face un peu trop seul. Laurent venait de rire d’une de ses blagues pourries – de toute manière, il ne rigolait que si c’était nul.

 

  Eh Laurent, c’est dommage que ça ne se soit pas concrétisé avec la fille d’hier... de ce matin je veux dire.

  Bof, tant pis, ça avance dans le bon sens : la prochaine fois sera la bonne ! Et toi ? Je ne t’ai pas vu de la soirée ! Tu t’es couché tôt, non ?

  Les filles ont commencé à me faire peur alors je suis allé me réfugier dans les jupons de ton frère.

 

Laurent gloussa. Bruno commença à transpirer plus que nécessaire.

 

  Il est sympa, même si très focalisé sur les jeux.

  Je t’avais déjà parlé de lui, répondit-il en haussant les épaules. Tu sais comment il est.

  Oui, mais... jamais je... je n’aurais cru... tomber amoureux de lui.

 

Laurent explosa de rire et lui tapa dans le dos, comme s’il s’agissait d’une bonne blague à laquelle il ne s’y attendait pas. Pour une fois, Bruno ne lui suivit pas dans son rire et continua de regarder le bout de ses chaussures qui avançaient inlassablement. Tiens, il n’avait pas remarqué qu’il y avait une crotte de pigeon sur sa chaussure droite. Oh, le joli paquet de cigarettes là-bas. Ah, quelqu’un a marché dessus...

Soudain, Laurent s’arrêta et Bruno aussi, se retournant vers son meilleur ami.

 

  C’est..., hésita Laurent. C’est pour de vrai ?

 

Bruno baissa les yeux et ne répondit pas. Il se sentait plutôt mal, là... Non pas qu’il ait envie de vomir, mais plutôt une étrange sensation au niveau du ventre. Pas du tout la même de celle qu’il avait ressenti contre Cyril. Cette sensation-là était plutôt désagréable et lui faisait presque mal.

 

  T’es gay ? demanda Laurent et sa voix semblait bizarre.

  Je crois.

 

Un poing accueillit sa remarque, le projetant dans une rue isolée. Il grimaça lorsqu’il fit bouger sa mâchoire, mais il fit encore plus la tête lorsqu’il constata qu’il avait atterrit sur une pile de sacs poubelle et qu’il y en avait un de pas très bien fermé.

 

  T’approche pas de mon petit frère ! rugissait Laurent en lui donnant un coup de pied.

 

Bruno esquiva en grognant, ayant senti un bout d’os de poulet pointu lui rentrer dans le flanc. Il se leva brusquement alors que Laurent prenait un des sacs poubelle et le lui balançait. Le recevant gauchement, Bruno se sentit vexé : alors il n’était qu’une ordure qu’il fallait jeter et qui ne méritait que de vivre parmi ses congénères ? Le brun empoigna la poignée du sac et s’en servit comme massue contre son ex-meilleur ami. Laurent n’était qu’un abruti ! Pourquoi ne comprenait-il pas qu’il avait besoin d’aide – et pas de poubelles. Pourquoi c’était si mal d’être gay ? Il n’y pouvait rien !

Laurent arriva à le griffer jusqu’au sang, mais Bruno réussit à le faire tomber par terre. Ce dernier sembla y apercevoir quelque chose car il lui lança un regard haineux, mais triomphant. Il se releva brusquement aves un morceau de meuble démonté d’où dépassait une vis. Bruno esquiva le premier moulinet, mais ne put s’empêcher de se prendre le revers et une douleur lancinante le pris au niveau de la tempe. Se reculant suffisamment de l’enragé, il porta la main à sa tête et constata qu’il saignait.

Enervé par tant de bêtise de son ami alors que strictement rien n’avait changé entre eux, Bruno se projeta vers Laurent et le coinçant par terre, lui asséna de puissants coups de poings en hurlant alors que Laurent tentait tant bien que mal de s’en protéger.

Lorsque ce dernier n’opposa plus de résistance, Bruno arrêta de le frapper et il constata qu’il pleurait sans qu’il ne puisse s’arrêter. S’asseyant à côté de la forme évanouie de son ex-meilleur ami, Bruno sortit maladroitement son téléphone portable sur lequel il apposa son empreinte de sang. Il tremblait tellement qu’il avait du mal à taper sur les touches, mais quand il y arriva, il fut soulagé d’entendre une voix familière décrocher :

 

« Allo ? »

  Maman..., murmura Bruno. Je pisse le sang, c’est normal ?

« Quoi ? Bruno, c’est toi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Comment ça, tu saignes ? »

  Boah, si c’est rouge, c’est pas bon, c’est ça ?

« C’est pas bon du tout même ! s’écria Quentin. Mais qu’est-ce que tu fiches, bon sang ! J’espère que c’est pas une de tes conneries ! T’es où là ? »

  Je ne sais pas, murmura Bruno. Je suis fatigué... Ah si, je suis prêt du centre commercial. Dans une rue avoisinante... attend, je regarde le nom.

 

Repérant le panneau qui indiquait la rue, Bruno le dit faiblement à sa maman qui lui exhorta de ne pas dormir. Se maintenant alors éveillé, Bruno vérifia que Laurent respirait encore en lui appliquant une main ensanglantée dans le cou. Ouf...

Le brun laissa ses larmes couler.

Quelques minutes plus tard, une voiture déboulait dans le coin et Quentin en sortit, suivi par trois de ses amis. Ils embarquèrent Bruno et Laurent dans la voiture en appuyant sur leurs blessures pour diminuer le flot de sang. Mais il n’y avait que Bruno qui saignait abondamment.

 

  Bon sang ! grommela Quentin en sortant un mouchoir et en le pressant sur sa tempe. Qui vous a arrangé comme ça ?

  Où est-ce qu’on va ?

  A l’hôpital. Et n’élude pas ma question, sinon ça va m’énerver.

  C’est mon meilleur ami qui m’a arrangé.

  Et lui ? demanda Quentin.

  Lui, c’est mon meilleur ami.

 

Quentin ouvrit de grands yeux et reporta un œil attentif au « meilleur ami ». Il le montra du pouce :

 

  Tu veux qu’on le balance sur l’autoroute ?

  Non, c’est bon. Pff, mes parents vont me soûler.

  Il y a que ça qui t’inquiète ? s’étonna Quentin avec un air incrédule.

  ...

 

Bruno regarda obstinément la vitre et vit défiler le paysage routier. La voiture s’arrêta et, tandis que Quentin portait Laurent sur son dos, Bruno chancela jusqu’à la porte d’entrée. Les trois autres compères partirent rapidement.

Dès qu’ils entrèrent, une infirmière cria de stupéfaction et alors qu’elle essayait de prévenir un supérieur, elle renversa toute une boîte de stylos et un dossier se vit éparpillé par terre. Heureusement, au bout de plusieurs tentatives, elle réussit à contacter un docteur qui descendit rapidement. Etrangement, Quentin se comporta comme une vraie maman, obligeant le service à faire quelque chose et sortant une pauvre explication foireuse quant à leurs blessures.

Une heure plus tard, Laurent et Bruno étaient confortablement allongés dans des lits d’hôpital, et Quentin se mangeait un biscuit plein de calories sur le côté.

 

  Tu lui as dit que t’étais gay, c’est ça ? demanda Quentin.

  Non, je lui ai raconté la fois où je lui avais cassé son camion de pompier.

 

Quentin arrêta de grignoter pour lever les yeux vers le petit plaisantin, puis secoua la tête en soupirant.

 

  Toujours le même, hein ?

  On ne change pas une équipe qui gagne.

  Quoi ? T’as gagné ton combat avec ton pote ?

  Ouaip. Comme un grand. Mais je ne lui ai pas exactement dit que j’étais gay, en fait. Je lui ai tout de suite dit que j’étais dingue de son petit frère.

 

Quentin recracha des miettes et suffoqua un instant. Bruno gloussa et il se reçut un regard noir.

 

  Ah oui, j’avais oublié que les gays préféraient les gars.

  Pourtant, c’est un détail plutôt important..., marmonna Bruno. Dégoûtant, hein ?

  Oui, plutôt. Je croyais que tu n’aimais pas ça non plus.

  C’est..., hésita-t-il. C’est compliqué. Tu vas frapper un pauvre souffrant ?

  Pourquoi ça ?

  Parce que je suis dégoûtant, non ?

  ... Au lieu de ça, parle-moi de lui.

  De Cyril ? Qu’est-ce que tu veux savoir. C’est son petit frère... Il est presque aussi grand que moi...

  Non. Je voulais dire... Tu le connaissais avant, non ? Et c’est récemment que t’as trouvé qu’il était... différent ? Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

  Je ne sais pas... Je me suis senti bizarre avec lui. Et j’étais vraiment heureux de passer la soirée avec lui à le regarder jouer à la console, plutôt que d’aller m’amuser à la soirée en bas. Mon cœur battait super fort... Ouh, qu’est-ce que c’était cruche comme réflexion.

  Cruche ? rigola Quentin. Je pense que tout gars l’est quand il est amoureux.

  Oui, mais il me manquait juste le petit battement de paupières, le clin d’œil et ça aurait fait vraiment gay. Je suis foutu. Tu penses que je suis amoureux ? ajouta-t-il, hésitant.

  Bah je suppose, oui.

 

Bruno se mit à fixer le plafond et le visage de Cyril lui apparut. Sans s’en rendre compte, il rougit comme une tomate et, passablement énervé par cette marque d’affection, Quentin donna un coup de pied au lit qui trembla, alors qu’il n’y était pour rien dans toute cette histoire. Bruno cacha son visage sous sa couette et il entendit Quentin partir sans lui dire au revoir.

Malgré cela, Bruno était heureux. Il avait tellement redouté d’en parler avec Quentin et c’était ce dernier qui lui avait demandé des détails ! Comme quoi les gens pouvaient changer. Jetant un coup d’œil à Laurent qui était toujours dans un sommeil profond, Bruno eut un sourire triste.

Le temps passa un peu trop vite pour lui car ce moment de calme fut bientôt interrompu par ses vrais parents. Son père avait dans les yeux une rage et une haine qu’il ne connaissait pas. Jetant un coup d’œil à son voisin, il émit un reniflement méprisant avant de fermer le rideau qui pouvait séparer les deux patients. Sa mère regarda par la fenêtre, comme si elle ne voulait pas être mêlée à tout cela.

Bruno soupira malgré lui : pourquoi fallait-il que leurs rencontres soient autant chargées de tension ? Ils étaient de la même famille non ? Quand il était gosse, il avait vu plusieurs épisodes de « La Petite Maison dans la Prairie » et à chaque fois tout finissait super bien. Quelle histoire mensongère alors... De toute manière, ce n’était plus ses parents depuis qu’ils l’avaient renié.

 

  Je ne sais pas si tu te rends compte de ta situation, murmura son père. C’est qui ce gars qui est tabassé ? Une de tes... fréquentations ?

  Je n’ai pas le droit d’avoir des amis ?

  Un rebut de la société n’a aucun droit ! cracha-t-il. Tu devrais t’estimer heureux que nous acceptions encore de t’héberger.

  Je m’incline devant le patriarche, pas de problème...

  Pas assez on dirait ! Je te préviens, Bruno, t’as intérêt d’avoir ton bac du premier coup, et après tu as intérêt de changer de nom. Tu fais ce que tu veux de ta vie – vu que tu ne nous écoutes plus – mais je t’interdis de salir le nom de ma famille ! Le bac passé, tu as intérêt de changer de nom si tu ne veux pas que je m’occupe personnellement de ton cas ! En attendant, tu devrais plutôt ne pas trop te la ramener !

  ...

  C’est compris ?! ajouta-t-il en le giflant.

  Oui, p’pa.

  Et ne m’appelle pas comme ça ! termina-t-il en le giflant à nouveau. Je ne suis plus ton père depuis longtemps.

  ...

 

Bruno baissa les yeux, ne voulant pas les voir écarter le rideau et sortir de la pièce. Changer de nom... Oh pourquoi pas, il n’aimait pas le sien de toute manière. Bruno Ventura comme détective animalier ou comédien ? Bruno Hellsing comme chasseur de vampires ou chanteur ? Tant qu’à faire, il pouvait se reconvertir dans la musique – milieu où on se moquait du vrai nom des gens. D’ailleurs, il pourrait être gay là-bas sans problème, non ? Ah musicien... Bon, il avait toutes les cartes en mains sauf qu’il lui manquait légèrement une guitare et comment jouer...

 

  Tu ne dis rien ?

 

Bruno sursauta et tourna la tête vers son voisin en soupirant :

 

  Quoi ? Salut ! Content de te revoir en un seul morceau ! Bon, dès qu’on sort de l’hôpital on remet ça ?

  Non... je parlais... de tes parents...

  Quoi !! T’étais réveillé !

  Ouais. Je ne me souvenais pas qu’ils étaient comme ça... Ils n’étaient pas plus cool... avant ?

  Disons que je vis un grand cauchemar depuis quelques temps, mais je vais me réveiller, ne t’inquiète pas.

  Mais tu aurais pu répondre à ton père : il n’a pas à te parler comme ça.

  Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? soupira Bruno en tournant le dos à Laurent. Il n’a pas tort.

  Et ça ne te fait rien ?

 

Dire non serait mentir. Mais il ne voulait pas se prendre la tête dessus. Il avait tellement morflé à vomir aux toilettes pendant des semaines de culpabilité – consciente et inconsciente hélas – et le fait de faire semblant de ne pas entendre les paroles blessantes de son père l’empêchait de pleurer comme un pauvre gosse qui a cassé son jouet. Il ne savait pas vraiment comment les autres de son espèce réagissait face à tout ça, mais pour lui, heureusement qu’il avait un sens de l’humeur à toute épreuve. Il suffisait de penser à une pauvre blague stupide et il prenait la chose du bon côté.

 

  Tu t’inquiètes pour une pauvre taffiole ? Tu te ramollis, ajouta-t-il avec un ton qu’il espérait moqueur.

  Non, je m’inquiète pour mon meilleur ami.

  Désolé, c’est deux en un.

 

Le silence se fit dans leur chambre pendant un long instant chargé de non-dits puis Laurent reprit la parole :

 

  Je n’abandonnerais pas mon meilleur ami, mais je ne peux pas tout accepter sur... sur ça. Je me souviens de toutes les conneries qu’on a faites ensemble. Tu as... changé... je n’ai plus qu’à l’accepter, hein ?

  Ah le destin... Qu’est-ce qu’il est farceur.

  Oui. Et il fait mal ! Je crois que l’anesthésie de ma mâchoire ne prend plus !

  Et je ne tape pas comme un pédé, hein ?

  Ouais, sourit Laurent.

  ...

  On est meilleurs amis... mais si jamais tu touches mon petit frère, je te jure que je te défonce.

  Je suis sûr que j’aurais le dessus. Ne prends pas les gays à la légère ! Un jour, nous contrôlerons le monde !

 

Laurent parut se détendre dans un petit rire, se souvenant sûrement – avec un peu de retard – que son meilleur ami était toujours égal à lui-même, et surtout prêt à faire d’autres bêtises. Tout était comme avant... ou presque...

 

A suivre...

 

*-*-*-*-*

 

Mydaya : Eh bien, eh bien, Laurent est au courant et ils ont trouvé un compromis, mais avec les parents, ce n’est toujours pas ça, hein !? Rha, heureusement que Maman Quentin est là !! Mais comment va se débrouiller Bruno au prochain épisode ? Va-t-il encore se faire frapper ? (peut-être pas, hé !)

 

Merci beaucoup aux revieweurs comme Tinou, Ayuluna, Heaven-of-Dark,

 

Ilham : Moi aussi, j’aime bien Bruno ! Pour les amis, eh bien on a le premier dans ce chapitre (et c’était pas terrible, hein ?...). Mais les autres... mmh, je n’en dévoile pas plus. J’espère que ce chapitre t’a plu.

Lolotte : Eh oui, Bruno se découvre en même temps que nous le découvrons (ah quand on est un boulet, on ne s’en sort pas) Pour le premier baiser, faudrait d’abord qu’ils soient ensemble, non ? Lol ! Chaque chose en son temps ! Eh bah non, il ne s’est rien passé cette nuit (mais c’est parce qu’ils ont dormi – quelle honte) Généralement, je fais du yaoi plutôt soft, mais j’insère souvent quelques passages croustillants (surtout vers la fin, lol) Mais tu as parfaitement le droit de me commenter autant que tu veux ! J’espère quand même que ce chapitre t’a plu.