Auteur : Mydaya
Site : www . alvima . com / mydaya (sans espaces)
Genre : Romance adolescente yaoi
Note : Les personnages rencontrés tout au long de cette histoire sont à moi. Veuillez respectez les droits d’auteur. Attention, il y a beaucoup de langage d’homophobes. Si cela vous gêne, ne lisez pas (si je pensais dire ça un jour, lol)
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Le Sanglot d’un
Ange
Larme 3 : Pour l’apparence
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Le lendemain matin, on vint chercher Bruno pour l’amener chez le « docteur ». Comme Bruno l’avait prédit, il s’agissait bien d’un psy. Ses parents aussi étaient là mais faisaient surtout attention à ne pas le regarder. Le psy se racla la gorge, puis lui sourit :
— Bonjour Bruno. J’ai parlé avec tes parents, mais maintenant j’aimerais m’entretenir avec toi. Pouvez-vous nous laisser seuls ?
Sans un mot, les parents quittèrent la pièce.
Le docteur se tapota le menton de l’index de façon pensive, puis sourit à son patient :
— Sais-tu pourquoi tu es ici ? demanda-t-il.
— Bah j’ai essayé de me supprimer, mais j’ai raté. Et vous êtes là pour m’aider à réussir la prochaine fois. Du moins, ça arrangerait mes parents. Non ?
Le docteur eut un sourire indulgent et le regarda dans les yeux :
— Je n’ai rien contre la dérision, mais il ne faut pas prendre à la légère ce que tu as tenté de faire. Parles-moi un peu de toi, de ce que tu fais.
— Bah là, je suis assis sur...
— Bruno...
— Pourquoi ne pas aller directement au sujet qui nous intéresse ? grommela-t-il, agacé. On s’en fiche comme d’une guigne que je mange un grand bol de céréales le matin. Non, mais franchement... Vous voulez savoir pourquoi j’ai tenté de me supprimer ? Eh bien par instinct. Je me suis senti agressé et poussé dans mes retranchements, alors j’ai voulu coupé court. Bon, j’avoue encore que je ne suis qu’un débutant, mais j’ai de bons espoirs.
— Tu comptes recommencer ?
— Non, en fait. Mon voisin de chambre a été très persuasif.
— Ton voisin..., réfléchit le docteur. Ah oui, Quentin.
— Ca doit être un habitué, lui, hein ?
— Le dossier de ce patient ne t’est pas ouvert, rétorqua-t-il. Mais tu me parlais de toi. Tu pensais savoir pourquoi tu as fait ce geste inconsidéré.
— Bien sûr. Mon père a du vous en parler. Je lui ai dit que j’étais gay, alors il m’a frappé, injurié et menacé de m’enfermer dans un de ces cloîtres pour repris de justice. Moi, je trouve que c’est une bonne raison pour essayer de se supprimer. Mais bon, j’exagère sûrement. Il y a pire, je sais.
Un instant, Bruno eut envie de lui parler de ses craintes, de la façon dont il était dégoûté par les filles, autant que par les gars, mais il se tut. Il ne voulait pas se faire mépriser encore une fois, même si son vis-à-vis semblait dans de bonnes dispositions. Le docteur hocha la tête pour lui-même, puis fit :
— Et si tu allais dans un internat, peut-être que cela te détacherait de tes parents.
— C’est la prison, là-bas.
— Ce n’est pas une prison.
— Si jamais je mets un pied dans un endroit comme celui-là, je me tranche les veines.
— Voyons...
— Ah mais je ne plaisante pas, fit sérieusement Bruno tout en gardant un sourire figé. J’adore trop ma liberté pour rester enfermer quelque part. Je n’ai jamais été claustrophobe, mais si c’est à long terme, je ne le supporterais pas.
— ...
— Je peux retourner dans ma chambre ? C’est plus sympa qu’ici et je n’ai pas encore envie de voir mes parents.
— Si tu retournes chez toi, tes parents y seront également.
— Pas grave. Il y aura mes amis. Et j’aurais le droit de sortir.
Avant même d’attendre la réponse du docteur, Bruno se leva et quitta la pièce. Dehors, ses parents attendaient sagement, assis sur des vieux sièges. Ils levèrent les yeux sur leur fils et sa mère faillit dire quelque chose, mais son père la retint.
Bruno retourna dans sa chambre et rangea ses affaires. C’était bizarre d’avoir autant envie d’aller en cours et de retrouver des gens normaux ! Quentin griffonna son numéro de téléphone sur un bout de papier et lui tendit :
— Tu fricotes avec l’ennemi ? s’étonna Bruno.
— Disons que si t’as besoin d’un passage à tabac, je peux faire des heures supplémentaires. Et refais plus de bêtises.
— Oui, maman.
Quentin balança sa jambe plâtrée que Bruno esquiva sans problème.
Bientôt ses parents arrivèrent et ils partirent en direction de la maison. Ils semblaient avoir parlé avec le docteur car ils n’énoncèrent plus la possibilité de l’interner. Juste avant qu’il ne s’enferme dans sa chambre, sa mère bloqua la fermeture de sa porte avec le pied :
— Quand ils ont appelé, on a dit à tes amis que tu étais tombé dans l’escalier.
Bruno hocha passivement la tête et put fermer enfin sa porte. Il regarda son téléphone portable éteint et l’alluma. Il y avait trois messages : deux de Laurent et un de Josselin. De toute manière, il allait les voir le lendemain matin. Bien sûr qu’il allait leur raconter le coup de l’escalier. Il n’était pas si bête que ça.
*-*-*-*-*
Plusieurs mois s’étaient passés et ses parents ne lui parlaient plus. Ils mangeaient toujours ensemble et ils vivaient sous le même toit, mais ils ne s’adressaient plus la parole. Bruno avait eu l’impression de leur faire un gros chantage pour qu’ils ne l’envoient pas là-bas, mais il ne regrettait rien.
D’ailleurs il vomissait de moins en moins. Bien sûr, il y avait quelques rituels le matin où il vomissait ses tripes dans les toilettes, chaque jour dès le réveil. Mais, heureusement, il se sentait naturel lorsqu’il était avec Laurent et Josselin, la journée, et il en oubliait même les désagréments de sa famille. Il aurait tant voulu avoir une petite sœur ou un petit frère à qui en parler. Bon, il pouvait appeler sa maman, mais Quentin ne semblait pas vouloir voir ce côté-là de sa personnalité.
Alors faudrait-il en parler à ses deux meilleurs amis ? Malheureusement, Josselin était de plus en plus obnubilé par sa copine et ils le voyaient de moins en moins entre les cours. Est-ce que Laurent était assez ouvert d’esprit pour l’accepter tel qu’il était ? En ayant vu la réaction surprenante de ses parents et ne voulant pas courir de risques, Bruno décida de souffrir tout seul.
Jusqu’à cette soirée...
Encore une fois, pendant un certain cours de maths ennuyeux, Laurent se plaignit d’être encore célibataire.
— Tu n’as vraiment plus aucune nouvelle de Mireille ? demanda Bruno.
— Non. Mais elle était nulle comme fille, de toute manière. Et si on allait encore à une soirée ?
— Encore ?
— La deuxième sera la bonne ! Et puis, avant, nous étions débutants. Maintenant, on sait comment s’y prendre !
Se souvenant de toutes les filles qui avaient essayé de le chauffer et de son propre dégoût durant la dernière soirée, Bruno secoua catégoriquement la tête :
— Ce sera sans moi.
— Quoi ?! s’exclama Laurent en lui jetant un regard noir. Tu ne vas pas me lâcher quand même !?
— Je n’ai pas trop aimé la dernière...
— Oh arrête ! Toi au moins, tu as eu tes chances avec cette fille mystérieuse ! La prochaine fois, profites-en un max ! Tu vas voir !
A force de persuasion, Laurent réussit à le convaincre. Je suis un être faible, songea Bruno.
Cela se passa comme la dernière fois. Au mot près : ils demandèrent à Elodie la date de la prochaine soirée, elle accepta de bien les habiller avant d’y aller, et Cyril était de la partie, poussé par ses parents pour sociabiliser. Bon, cette fois-ci, Bruno ferait attention à ne pas dormir dans la même pièce que Cyril.
Dès son arrivée, habillé avec encore plus de classe que la dernière fois, les filles de la dernière fois – justement – sautèrent directement sur lui, maintenant qu’elles le connaissaient un peu. Voyant l’air jaloux de Laurent, Bruno le poussa devant lui et le présenta. Certaines regardèrent la nouvelle proie offerte avec gourmandise, mais d’autres voulurent rester à leur premier choix.
Pour fuir, il dut prétexter vouloir aller aux toilettes. Alors qu’il en sortait peureusement, Elodie le prit par le bras avec un large sourire :
— Tu te fais désirer, dis-moi ! cria-t-elle par-dessus la sono.
— Tes copines sont folles !!
Elodie gloussa. Elle l’entraîna de force sur la piste de danse et le fit danser. Lorsqu’Elodie était avec lui, les filles semblaient comprendre qu’il était déjà pris pour la soirée, parce qu’il ne sentit pas trop d’yeux posés sur lui.
Par contre, de son côté, Elodie se collait à lui de façon plus qu’innocente. Elle n’allait quand même pas s’y mettre elle aussi ! La dernière soirée l’avait vraiment dégoûté à tout jamais ! Ca y est, il avait encore envie de vomir. Il n’allait jamais s’y faire ! Il essaya de contrôler ses pulsions, mais n’en tenant plus, il la poussa en arrière et courut jusqu’au deuxième étage où il vomit dans les deuxièmes toilettes de la maison – les seules qu’il connaissait.
Ah... Après s’être rincé la bouche, le brun eut honte de retourner en bas. En se penchant dans l’escalier, il remarqua qu’une blonde s’occupait de la bouche de Laurent, l’ayant préalablement plaqué contre un mur. Elle se laissait tripoter sans rien dire.
Bruno remonta les marches en soupirant. A cette heure-ci, beaucoup de chambres étaient vacantes, mais il n’arrivait pas à s’endormir, et tout plutôt que de redescendre en enfer ! Finalement, il alla dans la chambre dans laquelle il savait que se trouvait Cyril.
Bingo, devant la console – comme la dernière fois. Mais il n’était pas seul : des formes vagues semblaient occuper le lit. Tant mieux, ils ne seraient pas seuls. Cyril parut surpris en le voyant entrer. Il regarda sa montre :
— Déjà là ?
— Les filles font peur.
Cyril baissa les yeux sur ses vêtements ; Bruno fut gêné par cette inspection. Quoi, ça ne lui allait pas le jean noir et la chemise noire et rouge ? Pourtant, le plus jeune eut un sourire amusé, comme s’il comprenait une blague qu’il s’était fait lui-même, puis reprit sa partie. Bruno s’assit à côté de lui, passablement vexé :
— Quoi ? Je suis mal fringué ?
— Non, justement.
— Il n’y a vraiment que le physique qui compte chez les filles, soupira-t-il.
— C’est quand même réciproque, sourit Cyril, amusé. Et puis, c’est plus compliqué que ça.
— Ah bon ? Tu t’y connais en filles, toi... ?
Cyril ne répondit pas, s’occupant à faire gagner son personnage. C’était un autre jeu, un jeu de plateforme.
Plaisait-il aux filles ? Réellement ? Pourtant il semblait ne faire que jouer à la console. Alors bien sûr, il était plutôt mignon et son visage était assez fin pour émoustiller les sens. Mais vu son niveau de sociabilité, Bruno doutait de sa réelle expérience avec les filles :
— T’as déjà eu des copines ? demanda-t-il.
— Non.
— Ne t’en fais pas, je ne dirais rien à ton frère ! Raconte-moi !
Cyril soupira et haussa les épaules, sans même quitter l’écran des yeux, comme s’il ne comptait pas se donner la peine de jouer à ce petit jeu avec lui.
— C’est dommage, continua Bruno. Tu pourrais facilement les avoir toutes à tes pieds !
— Comme toi ? se moqua-t-il gentiment.
— Moi, c’est différent ! Je n’en veux pas. Elles sont trop jetées pour moi. Et toi ? Pourquoi ne fais-tu pas d’effort ? T’es... pas mal et tu t’habilles bien – et tous les jours en plus ! – donc tu pourrais plaire facilement, non ? Il faudrait juste que tu lâches un peu les jeux.
Cyril mit pause à son jeu et tourna des yeux graves vers lui. Le cœur de Bruno manqua un battement sur deux, tout en en faisant deux de plus au moins que d’habitude. Bref, il ne savait plus si le temps s’était arrêté ou bien s’il accélérait. Tout ce qu’il savait, c’était que Cyril avait un regard profond, puissant...
Pourtant il avait des yeux marron banals, mais il y avait cette petite lumière au fond... cette force inexpliquée. Il semblait si sérieux et si proche... Cependant, Bruno avait fait attention de ne pas s’installer trop près de lui. Sans réussir à cligner des yeux, Bruno se laissa subjuguer par ce regard et ne se détourna pas un seul instant.
Puis Cyril ouvrit légèrement la bouche. Ses lèvres étaient légèrement gercées, mais on pouvait voir dépasser sa langue tentatrice. Elle semblait tellement l’inviter. Ses lèvres semblaient l’inciter à venir les prendre. Bruno se sentit bizarre.
Enfin, Cyril se détourna et reprit son jeu. Clignant plusieurs fois des jeux pour se remettre les idées en place, Bruno constata que Cyril venait de lui dire quelque chose. Mais avec quelle intensité ! Où était-ce lui qui fabulait ? Sûrement la deuxième option.
A cette pensée, il eut envie de vomir. C’était la première fois que ça lui arrivait alors qu’il était avec un de ses amis. Pendant la dernière soirée, ça avait été simplement physique, mais là... Se levant précipitamment, il courut jusqu’aux toilettes et vomit jusqu’à en avoir mal à la gorge. Pourquoi se sentait-il tellement mal ? Aurait-il mieux fallu qu’il aille dans un internat finalement ? Il se serait sûrement laissé mourir de faim, il le savait...
Levant des yeux fatigués, il vit avec horreur que Cyril l’avait suivi et le regardait avec inquiétude :
— Ca va ? demanda-t-il.
— Je crois que j’ai mangé un truc qui n’est pas passé. C’est rien.
— T’es bien pâle. Viens t’allonger.
Il lui tendit un verre d’eau que Bruno but avec reconnaissance, puis ils retournèrent dans la chambre. Mais où est-ce qu’il voulait qu’il s’allonge ? Le lit était déjà occupé... A sa grande surprise, Cyril déroula le drap et Bruno put apercevoir deux gros édredons disposés sous la couette. Le plus jeune en enleva un.
— Tu joues à quoi, là ? demanda Bruno, suspicieux, soudain terrifié à l’idée d’être seul avec Cyril dans la pièce.
— La dernière fois, j’ai eu plein de courbatures quand nous avons dormi assis par terre, alors j’ai pris mes précautions et j’ai réservé la place.
Bruno rigola, pas pour autant soulagé, puis s’installa confortablement sur le lit, ignorant le regard insistant de Cyril pour qu’il aille sous la couette. Ce dernier se réinstalla comme à son habitude au pied du lit, mais cette fois-ci, s’assis sur le lit.
Toujours allongé, Bruno se tortilla jusqu’à être sur le ventre et regarder l’écran, juste à côté de Cyril.
— Au fait, qu’est-ce que tu disais tout à l’heure ? fit-il au bout d’un moment.
— Hum ?
— Avant que j’aille aux toilettes, tu as dit quelque chose, mais je n’ai pas entendu.
— Oh...
— ...
— ...
— Euh et donc t’avais dit quoi ?
— Je disais simplement que les filles aiment trop diriger ma façon d’être. Et si jamais quelqu’un m’interdisait de jouer aux jeux, je lui casserais la gueule.
— Je ne t’interdisais rien, mais je disais ça pour ton bien.
— Je m’occupe de mes affaires.
Il semblait irrité par cette conversation, autant ne pas poursuivre... Ca semblait régir toute sa vie, les jeux... Comment pouvait-on être autant passionné par un petit personnage pixélisé sur un écran tout petit et qui obéissait aux commandes de la manette ? Et puis, cette activité se faisait tout seul, alors qu’est-ce que ça avait de drôle ou de divertissant ? C’était comme voir un film : c’était seulement intéressant que si on le voyait avec des amis. Bruno ne comprenait pas cette passion totalement irraisonnée.
Il leva les yeux vers son voisin et fut surpris de voir avec quel sérieux il fixait l’écran devant lui. Il semblait si concentré... Alors que son personnage se faisait frapper par un boss difforme, sa langue vint lécher le coin de ses lèvres, sous la concentration. Bruno se mit machinalement à se manger les lèvres, mordillant les peaux mortes. Si seulement, il pouvait reposer sa tête contre son bras.
Bruno baissa les yeux, honteux. Son cœur battait la même chamade que quelques minutes auparavant. Alors il ressentait vraiment quelque chose pour ce petit frère ?! Mais qu’est-ce qu’il avait qui l’attirait ? Il avouait qu’il était pas mal physiquement, mais ce n’était sûrement pas un critère – vu que c’était un garçon. En plus, il jouait tout le temps à un jeu, ce qui ne faisait pas vraiment quelqu’un d’intéressant. Alors pourquoi se sentait-il comme ça ?
Reposant sa tête entre ses bras, il se permit de fermer les yeux. Quelques instants plus tard, une main vint lui caresser tendrement les cheveux. Bruno n’osa plus respirer de peur de faire stopper ce rêve. La main descendit à son oreille qu’il savait rouge et vint caresser sa mâchoire. Il entendit le bruit de vêtements plissés, puis un souffle vint lui titiller l’oreille, avant que des lèvres ne viennent s’appuyer contre sa tempe. Sans s’en rendre compte, Bruno laissa passer un léger gémissement et il frissonna. Son cœur semblait faire une fiesta dans sa poitrine, comme s’il avait toute la place pour venir se percuter contre toutes les parois.
La main descendit encore jusqu’à son épaule... puis le secoua sans ménagement.
— Hein, qui que quoi ?
Se réveillant en sursautant, Cyril eut autant peur que lui. Mince, il s’était endormi ! Et il avait rêvé de Cyril ! Encore pas frais, il se laissa entraîner par le plus jeune pour se glisser sous les couettes. Il entendit vaguement Cyril pester, comme quoi il fallait qu’il fasse tout lui-même.
Ouvrant un œil à demi, Bruno remarqua que son voisin se couchait lui aussi, mais qu’il enlevait ses chaussettes et son polo noir. Le noir lui allait tellement bien... Qu’est-ce qu’il était beau sous la lumière de la lune à travers la fenêtre. Son torse avait quelque chose de... bleu et de terriblement aguichant. Lorsqu’il se glissa sous les couvertures, comme la dernière fois, il s’endormit rapidement.
Bruno, quant à lui, était complètement réveillé. Ca avait été un si beau rêve... et l’objet de ses pensées dormait paisiblement à ses côtés. Sans un bruit, il enleva lui aussi ses chaussettes et sa chemise. Cyril lui avait dit que ça lui allait bien... Peut-être devrait-il faire un effort vestimentaire à l’avenir...
S’avançant sous les draps, Bruno s’approcha de son voisin. Son visage était si paisible dans le noir et Bruno ne faisait qu’imaginer les courbes de son visage. Son cœur avait appris à se calmer, mais il y avait toujours un petit fond de papillons dans son ventre. Timidement, Bruno avança une main vers le visage de son voisin.
Mais la porte s’ouvrit brusquement et un couple gloussa.
— Ah mince, y’a déjà quelqu’un, fit la fille.
— Pas grave, on se serrera un peu, répondit le garçon qui s’avéra être Laurent. Il n’y a plus de place nulle part de toute manière.
Bruno retira doucement sa main et essaya de respirer le moins possible, mais impossible de fermer les yeux. Il ne pouvait s’empêcher de les écarquiller : ses paupières ne réagissaient plus du tout et ne cessaient de fixer le petite frère de Laurent. Finalement, alors qu’il sentit le matelas s’affaisser derrière son dos, il tourna les yeux et fit peur à Laurent :
— Wouah ! T’es réveillé ! s’exclama-t-il. Pardon, je ne pensais pas.
— J’essaye de ne pas l’être...
— Pardon, s’excusa la fille en s’enfilant quand même sous les couettes.
Bruno fut littéralement poussé vers la gauche, heurtant violemment Cyril. Il grogna. Laurent s’excusa, puis prit la fille dans ses bras pour ne pas prendre trop de place. De son côté, Bruno réalisa qu’il avait quant à lui un Cyril dans les bras. Ce dernier n’avait pas été le moins du monde dérangé, mais par contre, c’était à peine s’il avait un quart de fesse sur le lit. Le ramenant contre lui, Bruno lui empêcha une chute mortelle de quelques centimètres.
Pestant tout bas, Laurent s’excusa tout en lui tournant le dos. Ils ne pouvaient pas coucher par terre ceux-là !? Lui il l’avait bien fait avec Cyril et il n’en était pas mort ! Mais pourquoi était-il si heureux de se retrouver aussi proche de Cyril ? Bizarrement, il n’eut pas vraiment envie de vomir, juste un malaise incertain. Est-ce qu’il avait le droit de tomber amoureux d’un autre gars ? Est-ce que c’était vraiment bon ? Ses parents avaient clairement affirmé leur position et Quentin lui avait expliqué calmement qu’il ne supportait pas les gays – lui étant une exception.
Cyril se laissait aller contre lui sans se soucier de ce qu’il pensait. Est-ce qu’il avait vraiment le droit de penser à lui plus qu’à une fille ?
Mais alors que son homosexualité ne touchait pas Laurent de près quelques jours auparavant, il était plus que nécessaire de lui en parler à présent. Bien sûr, il savait qu’il n’était pas encore endormi, mais il ne voulait surtout pas que sa copine entende quoique ce soit. Comment réagirait-il en apprenant qui était vraiment son meilleur ami ?
Boah, Laurent, lui et Josselin avaient fait les quatre cent coups depuis qu’ils étaient tous petits. Il l’aiderait sûrement – pas comme ses parents si gentils. En fait, plus il y pensait, plus ça lui paraissait une bonne idée. Ca lui manquait de ne pas avoir un allié dans le coin.
Quentin était une aide plus spéciale, songea-t-il avec un sourire. Quelle tête ferait-il s’il lui racontait qu’il était aux anges rien qu’en tenant Cyril dans ses bras, rien que pouvoir sentir son doux parfum ? C’était vrai ça... quel parfum ou déodorant mettait-il ? Ca lui allait tellement... Peut-être pourrait-il s’acheter la même bouteille. Juste parce que ça sentait bon, hein !
Avec un léger sourire, Bruno se cala la tête contre celle de Cyril et s’endormit pour une fois assez rapidement.
A suivre...
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Mydaya : Un chapitre qui a mis du temps à sortir et où j’ai l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose, alors que beaucoup de choses ont pris un dangereux tournant ! Mais que fait donc Bruno à tomber amoureux du petit frère de son meilleur ami ! Et puis, plus important, que fait Cyril endormi ?! C’est une honte... Malgré tout, j’espère que ça vous a plu !
Merci beaucoup à Heaven-of-Dark, Plume d’Ange, Johanna Malefoy et Kei Hotrau pour leurs gentilles reviews !!!
ELU : Eh bien tu as eu ta réponse : Cyril fait parti du lot gagnant de ceux qu’on va souvent revoir dans cette petite histoire !
Kyoko : Merci beaucoup pour tous tes encouragements et j’espère que la suite va te plaire !
Mado : Moi aussi, j’adore mon Bruno, lol ! Merci pour ta review.
Lolotte : Oui, mon perso principal Bruno est un boulet et il ne sait surtout pas où est-ce qu’il en est vraiment. Il se pose trop de questions et pas assez à la fois v.v Avant, il fantasmait sur les filles, mais maintenant qu’il s’en est trop approché, il a compris ce que ça impliquait et ça ne lui plait pas franchement. Après, au chapitre précédent, il en avait juste déduit qu’il était attiré plus par les gars, mais il en a appris davantage dans ce troisième chapitre… Pour savoir s’il est gay ou bi, disons qu’il est à côté de ses pompes, lol. (ce chapitre le montre assez, je crois)