Chapitre Deux

Lyfe

               

 

Benane grandit vite et devint bientôt plus grande que son aînée. Les années passèrent et elles furent en âge de se marier. Tesco laissa sa femme choisir les époux de leurs filles. Doné eut une idée et convoqua les deux jeunes filles.

 

  Ma chère Lyfe, commença-t-elle. Etant plus âgée que ta soeur, je dois m’occuper de te trouver un mari avant Benane. Mais pour trouver un mari, il faut déjà avoir une résidence à soi. Votre père possède justement un immense château à Garéna. Il te le donne. Notre voisin a un fils assez riche, Fabe, qui a une carriole. Il pourra ainsi te conduire au château. Tu y passeras la nuit puis tu reviendras nous faire part de tes impressions. Fabe viendra te chercher à neuf heure.

 

Lyfe remercia sa belle-mère et Benane la félicita. Elles pleurèrent au moment des adieux, tout en sachant qu’elles allaient se revoir d’ici le lendemain. Doné donna à Lyfe un gros baluchon qui comportait de la nourriture, disait-elle. Tesco, incapable de faire plus de trois pas, faisait ses adieux depuis la chambre, ne sachant pas que sa fille allait à Garéna car sa femme ne l’avait pas mis dans la confidence. Fabe aida Lyfe à monter sur la carriole et ils partirent au trot.

Lorsqu’ils arrivèrent à Garéna, le soleil avait commencé à décliner. Fabe l’aida à trouver les chambres et la laissa toute seule dans un immense château inconnu. Lyfe ouvrit son baluchon et remarqua qu’il était bourré de paille. La jeune fille remraqua qu’il y avait un mot. Elle le lut.

 

Chère Lyfe,

Ces temps-ci, j’ai l’impression que tu commences à grossir. Si tu veux trouver un mari, il va falloir maigrir. Toute cette paille est destinée au cheval qui t’a amené jusqu’ici. Ne t’inquiète pas, il y a de quoi te nourrir pour toi aussi. Cherche bien, voilà tout ! Au fait, j’ai déjà trouvé un mari pour Benane. Que penses-tu de Fabe ?

Passe une très bonne nuit...

 

Lyfe resta quelques instants hors d’elle par le tour que lui avait joué sa belle-mère. Elle chercha tout de même dans le baluchon et finit par y trouver un peu de pain. Elle hercha encore mais ne trouva rien d’autre. Désespérée et affamée, elle alla dans sa chambre manger son repas. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant qu’il y avait quelqu’un d’autre dans la pièce.

C’était un gros chien blanc à long poil. Lyfe le caressa un moment, puis remarqua qu’il avait l’air abattu, la queue entre les jambes et les oreilles tombantes. Elle en eut pitié et partagea son pain avec lui et fit un petit feu pour le réchauffer. Ses oreilles se redressèrent, sa queue recommença à fouetter l’air avec entrain. Lyfe rit tant ce bonheur lui faisait plaisir à voir. Finalement elle voulut le garder avec elle et dormit même avec lui.

Elle se réveilla alors qu’un mélange de bruits de sabots et d’horloge sonnant minuit déchirait l’air angoissant de la nuit. Elle se blottit sous les couvertures et y découvrit le gros chien blanc à long poil. Celui-ci gémissait tout doucement. Ils entendirent tous deux des coups frappés à la porte.

 

  Ouvre-nous, fit une voix. Ouvre-nous, petite fille.

  Que faire, gémit Lyfe en parlant au gros chien blanc à long poil.

 

Le gros chien blanc à long poil fixa la jeune fille apeurée de ses gros yeux noirs. Puis il sortit du lit au grand désespoir de Lyfe. Il prit une cendre du reste de la cheminée et écrivit sur le sol. Lyfe, tremblante comme une feuille sortit avec peine du lit pour lire « demande belles robes tous pays ». Avalant une grande bouffée d’air, elle se lança.

 

  Avant que je ne donne ma réponse, il faut que vous alliez dans tous les pays du monde et cherchiez toutes les plus belles robes qu’il soit.

 

Retenant sa respiration, elle attendit. N’entendant rien, elle se dirigea vers son lit. Mais au moment où elle allait remettre les couvertures sur elle et le gros chien blanc à long poil, une voix se fit entendre de l’autre côté de la porte.

 

  Nous avons les robes, fit la voix. Ouvre-nous, petite. Ouvre-nous, vite.

 

Lyfe pleura abondament et mit ses vouvertures au-dessus de sa tête. Elle entendit un léger crissement sur le marbre du sol. Elle osa jeter un coup d’oeil et remarqua que le gros chien blans à long poil attendait à côté de ce qu’il avait écrit tout à l’heure. Rassemblant son courage, elle regarda le sol et s’aperçut que l’animal avait effacé les deux derniers mots d’avant par « beaux bijoux ». Refoulant ses larmes, elle ouvrit la bouche avec peine pour répliquer à l’ordre donné par la voix.

 

  Avant que je ne donne ma réponse, il faut que vous alliez dans tous les pays du monde et que vous m’apportiez tous les plus beaux bijoux qu’il soit.

 

Le silence recommença mais cette fois-ci, Lyfe attendit debout. Le marbre était gelé sous ses pieds nus. Le gros chien blanc à long poil prit dans sa gueule une couverture et lui tendit. Lyfe le caressa en retour. Cet instant de calme se perdit lorsque de nouveaux coups furent frappés à la porte. Le gros chien blanc à long poil frotta sa patte sur le marbre et repris sa cendre.

 

  Nous avons les bijoux, fit une voix. Ouvre-nous petite, tu as promis.

  J’aimerais auparavant que vous me donniez toute l’eau qui est dans la rivière à travers une passoire, répondit-elle après avoir lu ce qu’avait écrit le gros chien blanc à long poil.

 

Le silence perdura jusqu’au matin. N’ayant pas dormi de la nuit, Lyfe se réveilla lorsque Fabe la secoua par les épaules. Encore secouée par les événements, elle mit du temps à comprendre qui était le nouveau venu. Finalement elle en pleura de joie, mais lorsqu’il lui demanda la raison de ces pleurs, elle ne lui fournit aucune explication. Elle s’habilla tandis que Fabe lui préparait un rapide petit déjeuner car ils avaient du retard. C’est à ce moment-là que Lyfe se rendit compte que le gros chien blanc à long poil était parti.

Elle versa quelques larmes pour son compagnon perdu mais retrouva le sourire en revoyant sa chère soeur. Les retrouvailles furent froides entre la fille et la mère lorsque celle-ci aperçut deux gros coffres. L’un était rempli de robes magnifiques et l’autre de bijoux incomparables. Agacée par ce qui se retournait contre elle, elle envoya Benane au même château ne laissant pas les deux soeurs se voir très longtemps. Fabe dut faire une fois de plus l’aller et retour.

Avant qu’elle ne parte, Benane avait écouté sa mère attentivement. Elle lui avait demandé si elle voulait être riche comme Lyfe. Benane avait répondu naturellement que c’était le cas. Sa mère lui avait souri, puis lui avait dit de se montrer poli avec toutes les personnes qu’elle rencontrerait et de faire preuve de courage devant quelque chose qui pourrait l’effrayer. Elle ne lui en avait pas dit plus laissant sa fille perplexe.

Arrivés à Garéna, Fabe stoppa la carriole et Benane courut dans tout le château, émerveillée par tant de richesse à la fois. Elle le fut moins dès qu’elle sut que Fabe la laisserait toute seule. Dès qu’il eut fait repartir son cheval, elle avala difficilement sa salive. Il l’avait aidée à trouver sa chambre, mais c’était tout. Elle préféra manger dans sa chambre ce que lui avait préparé sa mère. Mais dès qu’elle vit ce qu’il y avait dans la chambre, elle ne put s’empêcher de pousser un cri.

Que faisait un gros chien blanc à long poil dans sa chambre ? Elle n’avait rien demandé ! Il la regardait d’un air tellement pitoyable qu’elle se détourna de lui pour manger. Sa mère lui avait préparé un repas digne d’un roi. Il y avait de quoi nourrir un régiment. Trois gros gâteaux y remplissaient presque tout le baluchon, mais il y avait aussi quantité de choses. Benane ne les comptait plus. Elle allait se régaler !

Le gros chien blanc à long poil s’approcha timidement de la jeune fille et renifla la nourriture. Dégoûtée, Benane l’en écarta aussitôt pour manger le plus vite possible pour que l’animal ne mange rien. Il en resta toujours alors qu’elle n’avait plus faim. De mauvaise grâce, elle le donna au gros chien blanc à long poil. Celui-ci, après s’être rassasié, fouetta la queue. Benane l’ignora et se coucha aussitôt car elle devait se lever tôt le matin du lendemain.

Mais un coup à la porte la fit se réveiller et du même coup entendit l’horloge qui sonnait minuit. Qui pouvait bien entrer à cette heure pareille de la nuit ? Et puis le gros chien blanc à long poil n’avait rien fait pour la prévenir qu’il y avait des voleurs qui venaient la tuer car elle en devenait un témoin trop gênant ! Elle qui voulait juste être aussi riche que sa soeur !

 

  Ouvre-nous, fit une voix. Ouvre-nous, petite.

 

Terrorisée, elle remarqua que le gros chien blanc à long poil était près de la porte comme pour signifier qu’il fallait leur ouvrir. Il devait être un habitué de la maison, donc puisqu’il ne manifestait aucune peur, il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Toutefois, elle prit à tout hasard une barre de fer qui servait à bouger les bûches dans la cheminée. Elle tendit une main tremblante vers la poignée et ouvrit la porte.

Une fois ouverte, même si cela aurait très bien put être un ami, Benane abattit la barre de fer, mais ne rencontra que du vide. Le plus étrange était qu’il avait tout de même quelqu’un. C’était une personne tout à fait normal, quoiqu’ayant la peau sur les os, sauf qu’à la place de ses jambes, il  y avait des sabots. De plus, ses yeux étaient rouge lumineux. Et le comble du malheur faisait qu’il n’était pas seul. Ils étaient six. Son père, lorsqu’il avait quelques instants de lucidité, lui avait raconté une histoire de ce genre, mais ils n’étaient alors que cinq. Qui était la sixième ?

Elle n’eut pas le loisir de se poser trop de question. Une fois qu’elle avait vu qu’ils étaient étranges, elle avait voulut fermer la porte, mais une main se referma sur son poignet droit, puis sur son coude droit. Deux autres mains s’occupèrent de l’autre bras. Deux personnes lui empoignèrent les jambes. Une paire de main s’accrocha à ses habits au niveau de la taille. Une main se plaqua sur sa bouche, l’empêchant de hurler, et une autre lui prit le cou. Toutes ses mains la tirèrent en arrière, hors de sa chambre.

Elle réussit à se libérer un bras et le brandit en avant comme si une personne aurait pu la ramener une arrière. Mais personne ne vint. L’apparition qui lui avait lâché le bras le reprit de justesse. Elle était prisonnière. Toutes les apparitions lui entamèrent la peau avec leurs dents. Benane eut bientôt une marque rouge au cou, aux bras, aux jambes et au dos. Le mal la dévora en la laissant bien vivante jusqu’au dernier morceau de chair.

Puis les apparitions se mirent à danser autour de la dépouille, en levant et en baissant successivement les bras. Elles s’arrêtèrent les bras en l’air face au carnage et commencèrent à chanter. La mélodie était indéfinissable. Finalement, une fumée noire sortit du sang pour former une autre créature, identique aux six autres. Les sept apparitions disparurent dans la nuit, sans laisser d’autres traces que le massacre.

Au petit matin, Fabe revint avec sa carriole et hurla si Benane était prête. Personne lui répondant, il soupira. C’était comme avec Lyfe, qui ne s’était même pas donné la peine de se préparer le matin et il lui avait fallut faire son petit-déjeuner. Il alla dans la grande salle et ne découvrit personne. Il monta à l’étage dans la chambre et découvrit avec horreur le répugnant spectacle laissé tel quel dans l’entrée. La nausée vint vite et il dut aller dans un coin pour rejeter ses tripes. Ayant repris ses esprits, il repartit au galop chez la famille de Benane annoncer la mauvaise nouvelle.

Attendant le nuage de poussière de la carriole en question, Doné sauta de joie à la vue de ce qu’elle attendait si avidement. Sa fille serait enfin aussi riche que Lyfe, alors dès que Tesco mourra, elle en profiterait pour reprendre tout ce que Lyfe avait eut et la chasserait de chez elle. Doné vivrait enfin son rêve d’être riche, de la même famille et en bonne santée. Elle courut au pas de la porte et accueilli le nouveau venu. Son visage se figea lorsqu’elle ne vit pas Benane assise à côté de son futur fiancé.

 

  Où est ma fille ?

  C’est horrible, s’écria Fabe, le visage un peu verdâtre. Elle est encore dans le château. Elle est tellement massacrée que cela devint impossible de la reconnaître. Je l’ai reconnu grâce aux quelques vêtements qu’elle portait encore sur son cadavre. Je suis vraiment désolé... Toutes mes condoléances.

 

Ce fut comme si on l’avait elle-même tuée. Le visage de Doné devint blême, laissant sur son visage un arrière goût de la mort. Ses épaules se voûtèrent terriblement : sa taille diminua de dix centimètres. Ses yeux devinrent fatigués et on voyait qu’à force d’empirer, ses yeux deviendraient pochés et ridés avant qu’elle ne soit vieille.

Elle murmura quelque chose. N’entendant rien, Fabe se pencha plus vers elle en en tendant l’oreille. Il entendit le nom de la morte répété inlassablement. Doné se retourna lentement et marcha d’un pas lourd jusqu’à ce qu’elle soit à l’intérieur de la maison. Toutefois elle ne prit pas la peine de refermer la porte derrière elle. Comprenant l’état désespérée de Doné, Fabe se mit en devoir de descendre pour présenter ses condoléances à toute la famille.

Arrivé à l’intérieur, il vit que la femme était en train de monter les escaliers, tellement lentement qu’elle n’en était qu’à la troisième marche. Fabe eut pitié d’elle. Il la dépassa et monta à l’étage annoncé la nouvelle au père.

C’était la première fois qu’il le voyait réellement car il avait toujours été enfermé dans sa chambre. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que le père était à peu de chose près dans le même état que la mère. Fabe supposa qu’il avait deviné que sa fille était morte et qu’il ne lui en restait qu’une seule.

 

  Toutes mes condoléances, monsieurs.

  Pourquoi, demanda faiblement Tesco assis sur un fauteuil disposé devant la fenêtre.

  Et bien, fit Fabe en fronçant les sourcils. Votre fille, Benane, est morte d’une mort trop horrible pour être racontée. On aurait dit qu’elle avait été mangée par quelques créautures malfaisantes...

 

L’effet ne fut pas celui qu’il attendait. Il était sûr qu’il n’avait pas été au courant, mais il ne semblait pas si surpris que ça. Se pouvait-il que le père de Benane ait quelque chose à voir avec le carnage ? Voilà pourquoi ses traits étaient tirés ! Il était rongé par le remord ! Fabe pensait que c’était bien fait pour lui ! Lyfe apparut sur le seuil dans une robe magnifique et, lorsqu’elle découvrit Fabe, lui sourit.

 

  Bonjour Fabe, comment vas-tu ? C’est gentil à toi d’être venu passé nous voir avant d’aller cherher Benane. Papa, j’ai fait ce que tu m’avais demandé et je viens de croiser Mère dans les escaliers. Elle avait l’air...

  Ma chère fille, soupira Tesco et Lyfe se tut. Es-tu allé avec ta soeur dans mon château à Garéna ?

  Mais bien sûr. C’est Mère qui nous a dit qu’il était à nous et elle nous a dit que si l’on voulait un mari, il fallait avoir d’abord une demeure. J’y est passé la nuit la dernière fois. Cette fois-ci c’était au tour de Benane. Fabe s’était gentiment proposé de nous y emmené. Il doit de suite aller récupérer Benane au château. Là-bas j’y ai trouvé de belles robes et de beaux bijoux.

  Alors ta soeur est morte, souffla Tesco sans une once de tact. Ne reviens jamais dans cet endroit maudit tu y mourrais. Tu as eu de la chance de survivre. C’est ce qui tua ta mère.

 

Ce fut comme si un poignard avait traversé sa poirtine. Sa soeur, sa très chère soeur ! Elle ne la reverrait plus jamais ! Comment était-ce possible ? Ce qui l’avait aidé, c’était le gros chien blanc à long poil ! Pourquoi n’avait-il pas sauvé sa soeur ? Elle le détestait ! Elle était plus en colère qu’affligée.

Quelqu’un ouvrit la porte. Lyfe l’avait complètement oubliée, celle-là ! Doné marcha jusqu’à un fauteuil voisin de celui de son mari où elle s’affala sans rien dire. Lyfe trouvait cette scène pitoyable. Voilà ce qui arrivait lorsqu’on était si faible !

Elle entraîna Fabe hors de la pièce disant qu’il fallait les laisser seuls. Lyfe songea à quelque chose. Doné avait prévu que Fabe soit le fiancé de Benane. Mais à présent que Benane était morte, il ne restait plus qu’elle. Elle sourit malicieusement. Fabe resta quelques temps pour aider Lyfe à s’occuper de ses deux parents trop gâteux pour faire le moindre geste. Lyfe en profita pour s’attacher le jeune homme.

Quelques mois plus tard, ils se marièrent au grand contentement de la mariée. Elle apprit l’existence du jeu de carte, du sac et du violon. Avide, elle se mit en recherche de ces objets le jour et fut récompensée par trouver un sac. Mais elle fut surprise de trouver des objets à l’intérieur. Il y avait un morceau de pain, de fromage et beurre. A chaque morceau était écrit un petit mot. Au pain, il y avait marqué : « Celui qui en mangera sera transformé en aigle ». Au fromage, il y avait écrit : « Celui qui en mangera sera transformé en baleine ». Et au beurre, Lyfe lut : « Celui qui en mangera sera transformé en chèvre ».

Contente de sa trouvaille, elle n’en dit rien à Fabe. Elle repartit avec ses trésors sans se douter que sept ombres l’observait malicieusement. L’une d’elle, une fois que Lyfe disparut, ricana sans se maîtriser. Elle fut bientôt reprise par les autres. Une autre parla de sa voix enrôleuse :

 

  Personne ne peut résister au pouvoir. Elle le saura à ses dépends. La famille va bientôt s’aggrandir. Et je ne parle pas que pour elle...

 

Lyfe, en effet, fut bientôt enceinte et eut des triplés. Au moment de l’accouchement, Fabe remarqua qu’elle était moins irritable. Mais dès que les triplés eurent dix ans, elle s’enferma dans sa chambre en se faisant livrer ses repas. Fabe était désespéré. Qu’était-il advenu de la douce et jolie Lyfe ? Il devait s’occuper seul de ses enfants. Ils s’appelaient Pulos, Loné et Rors. Mais alors qu’il sauvait Loné d’un cheval qui allait le piétiner, il se tua sous les coups répétés du cheval devenu fou. On abattit Fabe trop agonisant pour continuer à vivre en laissant Loné pleurer longuement, pris de remords.

Quand Lyfe en sut la nouvelle à travers le bois de la porte, elle entra dans une rage folle. Elle renversa tout dans sa chambre et c’est au bout de la première semaine qu’elle se calma. Elle devint gentille et proposa à ses fils de préparer le repas. Elle offrit du pain à Pulos, du fromage à Loné et du beurre à Rors. Les trois fils peu habitué à manger tout cela seul, n’eurent pas le courage de le dire à leur mère qui insistait tant. Mais au moment où ils allaient en manger un bout, un bruit de verre brisé se fit entendre.

Rors se proposa pour aller voir ce que c’était. Il mit trop de temps et Lyfe pria ses deux autres enfants de commencer à manger sans lui. Rors découvrit qui avait fait tomber le verre. C’était un gros chien blanc à long poil qui lui disait de partir au plus vite.

 

  Ta mère a déjà transformé tes frères en aigle et en baleine. Elle te réserve la place de chèvre. Enfuis-toi tant qu’il est encore temps !

 

Rors sauta par la fenêtre sans se poser la question que cela pouvait être étrange, un gros chien blanc à long poil qui parle pour le prévenir que sa mère allait le tuer... Il courut loin.

 

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Fin du deuxième chapitre.

Tiré d’un conte français.

Et voilà encore un chapitre.

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Mydaya