Auteur : Mydaya

E-mail : mydaya2000@yahoo.fr

Site : mydaya.alvima.com

Genre : Romance yaoiste et hétéro super frustrante, mais au moins, c’est la réalité, lol.

Note : Les personnages sont à moi, respectez les droits d’auteurs.

 

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Trois Idiots

Chapitre 2 : Un idiot

 

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Je m’appelle Michel et je suis amoureux.

N’est-ce pas merveilleux ? Cela pourrait l’être si ce n’était pas un garçon, qui plus est mon meilleur ami. Il s’appelle Erwan. Je ne sais pas comment le décrire ; il est si beau...

Parfois, je me sens bizarre quand je suis à côté de lui. C’est bien entendu pire quand nous sommes seuls. Mais il ne semble rien remarquer. En plus, je ne l’ai jamais vu sortir avec une fille. C’est étonnant parce qu’il a tout pour plaire. Peut-être est-ce pour ça, d’ailleurs, que les filles n’osent pas trop, se disant qu’il refuserait. Pourtant, il est tellement gentil que jamais il ne ferait souffrir une fille. Et un garçon alors ? Est-ce qu’il ferait tout pour me blesser si jamais je lui disais ce que je pense de lui. Je ne pense pas... mais la situation ne s’est jamais présentée...

Au début, je me disais que ça me suffisait d’être son meilleur ami, mais de plus en plus, je me dis que je me mens à moi-même : j’aimerais tellement d’avantage ! Et pourtant, je n’ose pas. C’est tellement bête. Lorsqu’il vient chez moi pour travailler, je m’arrange toujours pour le toucher, même si lui ne se rend pas compte de mon manège. Pourtant, quand je lui passe une feuille, quand je veux attirer son attention, quand je l’embête...

Je me souviendrais toujours de la fois où nous avons fait la sieste ensemble. Nous avions bossé toute la matinée après nous être réveillé super tôt, alors forcément, nous avons piqué un petit roupillon. Le pire, c’est que j’étais tellement crevé que je n’en ai pas profité pour le regarder dormir. Je me déteste !

Récemment, une fille m’a demandé de sortir avec elle. Me disant qu’avec elle, je pourrais peut-être oublier cet amour impossible, j’ai accepté. Elle semblait ravie. Elle est mignonne cette fille. Mais je ne ressens rien ; elle ne me fait rien. Quand je lui tiens la main, je rêve que c’est celle d’Erwan ; lorsque je l’embrasse, j’essaye d’imaginer que ces lèvres appartiennent à Erwan. De toute manière, c’est facile de fermer les yeux et de rêver. Non, ça ne marchera décidemment pas entre nous.

Lorsque nous rentrons à la maison, Erwan est là, avec ma sœur. Ils s’entendent très bien ; ils sourient. Pendant un court instant, je me prends à détester ma sœur. Le sourire d’Erwan est différent de celui qu’il m’adresse tous les jours. J’aimerais tant qu’il me sourie comme ça.

Je tire ma copine pour bien la montrer. Non mais oh, je n’ai pas besoin de lui d’abord, j’ai quelqu’un d’autre à présent ! Et pourtant, alors que son regard se pose sur nos mains jointes, je lâche précipitamment celle de ma copine. J’ai l’impression d’avoir honte.

Pour cacher ma gêne, je lui serre la main pour le saluer. Il me sourit. Je n’aime plus ce sourire.

 

  Michel, je t’attendais ! Mais... je ne savais pas que tu étais en aussi bonne compagnie.

  Oh ce n’est rien. Que voulais-tu me dire ?

 

La fille semble vexée et me dit qu’elle doit y aller. Je hoche distraitement la tête. De toute manière, je ne veux plus la voir.

Heureusement, elle comprend le sous-entendu et part sans un mot. Je crois qu’elle a commencé à pleuré. Je m’en fiche. Il n’y a qu’Erwan qui compte.

 

  C’est pour le Nouvel An, tu y as pensé au moins ?

  Pas du tout.

  Mais je comptais sur toi ! s’exclame-t-il en levant les yeux au ciel. Je te signale que nous sommes déjà en vacances ! Heureusement, j’en ai parlé à ta sœur qui va essayer de ramener des amies.

 

Ah oui, tiens, j’avais oublié de lui en parler.

Je m’assois et il commence à m’expliquer ce qu’il pense faire pour la soirée. Je ne l’écoute qu’à moitié. Ses lèvres bougent et je n’arrive pas à m’en détacher. Je n’écoute même plus ce qu’il me raconte. Mais qu’est-ce qu’on s’en fiche de comment sera la soirée, du moment que je peux faire semblant d’être bourré et m’approcher plus que nécessaire de lui.

Au bout de quelques minutes, mon vis-à-vis se rend compte que je ne l’écoute plus. Il frappe sur la table et s’en va :

 

  Bon, je me débrouillerais tout seul ! Mais t’as intérêt à appeler les gens que je t’ai écrits dans ton agenda !

 

Il claque la porte derrière lui. Je reste assis comme un abruti dans le salon. Et voilà, il s’est énervé contre moi. Jamais il n’aurait crié sur une fille. Pourquoi est-ce que je suis né comme un garçon ?

Le soir, ma sœur entre dans ma chambre, toute excitée, et s’installe sur mon lit alors que je finissais un appel – mais oui, je vais appeler tout le monde pour la soirée !

 

  Qu’est-ce qu’il se passe ?

  Je me demandais si on allait faire une farce à Erwan, fit-elle avec un large sourire espiègle. Puisqu’on se ressemble tellement, je pourrais me faire passer pour toi et voir s’il voit la différence !

 

Pendant un instant, j’en reste interdit. Je n’y avais même pas songé ! Mais cela m’énerve. Je me mets à la disputer, comme une gosse qui proposerait de faire une bêtise.

Sa proposition m’a fait mal. J’aimerais tellement être une fille pour pouvoir lui avouer sans peur que je ne pense qu’à lui ! Et voilà que ma sœur me dit de me déguiser en fille. Je vois la tricherie derrière et je trouve ça immonde vis-à-vis d’Erwan. Il n’a pas mérité ça. Jamais je ne le trahirais comme ça.

Oh et puis pourquoi je m’énerve, voilà que ma sœur commence à pleurer. Pourtant, elle a l’habitude que je lui crie dessus et d’habitude, elle me sort une réplique bien sentie.

C’est alors que je réalise quelque chose :  

 

  Tu... t’es amoureuse d’Erwan ?!

 

En entendant ma question, elle redouble de larmes. Je ne sais plus quoi faire. Face à une fille et à tous ces sentiments, je ne fais vraiment pas le poids.

Lorsque je suis avec Erwan, je ne pense qu’à le toucher et à aller plus loin. Mais je sens que c’est différent pour ma sœur. Elle est si pure... Je suis sûr que rien que de lui avoir parlé aujourd’hui l’a rendue heureuse. Je le sens. Elle se contente de peu, et toujours de loin. D’où tire-t-elle cette force ? Et ne comprend-elle pas la chance qu’elle a d’être né fille ? J’aimerais tant avoir ces doux sentiments et pouvoir me satisfaire d’aussi peu.

Je lui tends maladroitement un mouchoir. Réconforter les gens, ce n’est vraiment pas mon truc...

Enfin, je réalise que je n’ai aucune chance avec Erwan. Il n’est pas fait pour moi. Je souris tristement pour moi et finalement, alors qu’elle se calme un peu, je lui dis :

 

  Tu sais, moi aussi.

 

Ma sœur se met à me fixer avec de grands yeux. Comme si j’étais fou, comme si j’étais anormal. J’ai peur. A quoi pense-t-elle ?

Elle doit lire la peur sur mon visage et les larmes qui menacent à leur tour de couler, car elle se jette sur moi et me serre dans ses bras. Elle pleure encore plus. Je lui rends maladroitement son étreinte et ravale mes larmes. J’aime qu’elle pleure pour moi ; ça m’empêche de pleurer. Je ne veux pas pleurer.

Il semblerait que ma sœur ait abandonné tout espoir. Moi aussi. Cette nuit-là, nous avons beaucoup parlé de nos frustrations et nous avons dormi ensemble. C’est bien d’avoir une sœur...

Mais qu’est-ce que ça allait être au Nouvel An ?

 

A suivre...