Auteur : Mydaya

E-mail : mydaya2000ahoo.fr

Site : nex84.ath.cx/site/accueil.htm

Couples : Yaoi, yuri et hétéro donc, comme allant de soi, pour toute personne n’aimant pas un des styles, je vous déconseillerais de lire l’histoire, sauf si vous voulez vous y essayer, mais ne m’insultez pas, merci.

Genre : Romance, intrigues, suspens, complications, meurtres, traumatismes, etc. Bref, pas de quartiers, lool ! Sinon, pas de lemon. Lime à la limite, mais pas plus loin.

Disclaimers : Tous les personnages de cette histoire allant du chien, du chat, de l’arbre, de la pâquerette, jusqu’à la vache qui broute dans le pré, en passant par les humains qui se baladent et qui jouent à Dallas, tout cela, c’est à moi. Si vous désirez quoique ce soit, veuillez me prévenir.

 

Note : Alors, je m’excuse pour les gens qui ne supportent pas les chiens, parce qu’on va beaucoup en parler, et je m’excuse pour ceux qui aiment beaucoup les chiens, parce que... mah, vous serez fixés dès le début, lol. Bon, alors maintenant, je n’ai plus de lecteurs XD Sinon, on engrange avec la fin du prologue (Comment ça, c’est à l’arrache ? Mais non, madame, c’est super étudié ! lol)

 

Bonne lecture

 

*-*-*-*-*

 

 

Boys’ & Girls’ Revolution

Chapitre 1 : Le meilleur ami de l’homme

 

 

*-*-*-*-*

 

Une petite camionnette tourna à l’intersection, se faisant suivre des yeux, à chaque fois qu’elle roulait dans les rues bondées. Ressemblant plus à une grosse voiture avec à l’arrière des portes coulissantes, le moyen de transport pouvait facilement créer des jalousies. La peinture entièrement refaite à la main attirait facilement les regards avec des tags d’une beauté surprenante. C’était un ensemble et ça aurait été difficile de le décrire aussi facilement. Il y avait dessiné des hommes rappeurs, certains dansaient, d’autres semblaient chanter, ou sinon avait une bombe de peinture dans les mains. Des grosses enceintes étaient arrière plan et parfois un oiseau ou deux se baladaient entre deux. Par-dessus le tout, des lignes qui ressemblaient vaguement à du feu, courraient le long de l’automobile, donnant un air agréablement aérodynamique. Ces lignes étaient reprises sur le capot de devant. Le van s’arrêta à un feu et de la musique en sortit, de la pop, du rock, des musiques entraînantes avec des jeux de batterie et de guitare impressionnants en fond.

 

Des gens traversèrent sur le passage piéton par flopée. Le petit bonhomme passa au rouge et les derniers se pressèrent, au contraire d’un homme qui s’arrêta pas mal en avance, ou plutôt s’arrêta puisque son chien s’arrêta. Le conducteur le regard d’un regard vide, se demandant comment les gens pouvait vivre avec une infirmité pareille : la perte de la vue. Il y avait tellement de beauté à voir que sans ce sens, c’était comme perdre la moitié de sa vie à vivre inutilement.

 

Le feu passa au vert et le conducteur engrangea la 1ère, et commença à faire jouer son embrayage. Mais alors une petite fille d’à peine 7 ans traversa, voulant rejoindre son père qui se trouvait de l’autre côté alors que sa mère échoua pour la retenir. Cependant, c’était trop tard et la voiture avait déjà commencé à démarrer alors que le conducteur allait réagir pour stopper son véhicule. Heureusement, le chien de l’aveugle échappa à la poigne de son maître et courut, plus vite que l’éclair, bousculer la gamine, la projetant de l’autre côté de la chaussée, alors que la camionnette percutait la pauvre bête, avant que qu’elle ne s’arrête définitivement et que le chauffeur sorte précipitamment. Les parents concernés se dirigèrent en même temps que lui sur la fillette, mais heureusement, elle n’avait rien à part quelques égratignures.

 

  Pardon, je n’ai pas réussi à la retenir, s’excusa la mère alors que le père grondait méchamment leur fille qui menaçait de pleurer.

  Il y a eu plus de peur que de mal et elle n’a rien, donc ça ira..., répondit le jeune homme qui avait failli avoir un meurtre sur la conscience. Par contre, je crains d’avoir écraser le chien... Où est le propriétaire ?

 

Il regarda aux alentours et découvrit dans la foule qui se pressait sur les lieux de l’accident, l’homme proprement dit. Il alla dans sa direction et lui prit le bras doucement et l’amena plus près de la scène, alors qu’il appelait :

 

  Sterby (1) ? Sterby !! Où est-ce que tu es ??!

  Monsieur, ce chien est a vous il me semble, fit le jeune homme en dirigeant la main de l’aveugle vers la forme inerte. Je suis désolé. En voulant sauver une jeune fille qui traversait, il s’est fait projeter par ma voiture et... enfin... désolé.

  St... Sterby ? hésita l’autre en fronçant les sourcils au-dessus de ses lunettes noires.

  C’est de notre faute, intervint le père de la jeune fille. Si Elsa n’avait pas été aussi stupide...

  Nous bloquons la route, remarqua le conducteur. Je m’occupe de lui avec son chien et rentrez tranquillement chez vous. Donnez-moi votre adresse au cas où si nous aurions besoin de vous.

  Bien sûr, répondit l’homme en sortant un bout de papier sur lequel il griffonna un instant avant de le tendre. Merci beaucoup.

  De rien.

 

Le conducteur murmura des paroles apaisantes à l’aveugle et le fit asseoir sur la place du passager, alors que lui-même transportait le chien sur les sièges arrière. Il démarra rapidement et demanda où l’inconnu habitait. Celui-ci lui répondit vaguement, des larmes sillonnant silencieusement sur ses joues. Le conducteur se gratta la tête, un peu gêné et ne sachant pas trop comment réagir face à ce genre de situation. Alors le voyage se fit en silence. Heureusement qu’il n’avait rien à faire d’urgent car il se trompa plusieurs fois de route et après une bonne demi-heure de route.

 

Pendant ce temps-là, le conducteur put détailler son passager. Ses cheveux bruns étaient mi-longs et généralement n’étaient pas à la même hauteur, ce qui donnait un effet un peu décoiffé alors que la nature de cheveux prêtait à des coupes bien droites. Son nez était droit et son visage était déjà marqué par l’expérience de l’âge. Sa chemise bleue comme le ciel et son jean lui allaient bien.

 

Il s’arrêta devant une maison peinte en blanc et bleu. Le conducteur aida l’aveugle à descendre, portant dans ses bras l’animal mort. Il sonna à la porte. C’est un jeune homme qui vint lui ouvrir. Des cheveux également bruns, mais plus foncés, il avait des yeux d’un bleu profond. D’un air toujours souriant, il n’en gardait pas moins un petit air rebelle au fond des yeux, comme si toute la vie n’était qu’amusement. Il portait une tenue d’école, un uniforme bleu avec des gros boutons sur le devant et le col relevé.

 

  Ah Vinc ! Euh... bonjour.

  Bonjour, répondit poliment le conducteur un peu embarrassé d’être également dévisagé. Euh... il y a eu un accident et le chien semble être mort. Je l’ai donc raccompagné et...

  Sterby est mort !! s’exclama l’autre en écarquillant les yeux et en se précipitant sur la pauvre bête. Non... Toutes les bêtises qu’il a faites vont me manquer... Mais entrez, entrez.

 

Le chien dans ses bras, le jeune homme s’effaça pour les laisser passer et ainsi fermer la porte derrière eux. Ils s’installèrent tous les trois dans le salon, s’asseyant dans deux canapés autour d’une table basse en bois. La décoration était assez... personnalisée, des croix un peu partout et même un christ dans un coin. Il y avait même quelques reproductions de tableaux dessinant le Paradis si jamais il existait. Le conducteur devina dans quelle famille il s’était fourré et soupira faiblement. Il n’aimait pas trop les religions et surtout les religieux qui prêchaient à longueur de journée pour essayer de le convertir. Ses propres avaient essayé un jour, puis avaient abandonné, heureusement pour lui. D’ailleurs, ici, il ne semblait pas y avoir les vieux dans la baraque à ce moment précis.

 

Il revint à ses deux vis-à-vis.

 

  Voulez-vous quelque chose à boire ? proposa poliment l’hôte.

  Non, je ne vais pas vous déranger, quand même, mais merci.

  Ah oui, vous êtes peut-être pressé, compléta l’aveugle.

  Bof.

  Alors ! s’immisça le jeune homme. Que s’est-il réellement passé avec Sterby ?!

  A un feu, alors qu’il passait au vert pour moi, une petite fille a traversé et ce chien, Sterby, l’a bousculé afin de la sauver de l’impact. Ensuite... bah il s’est pris le plus gros du choc et... Je suis vraiment désolé, c’est mon van qui l’a percuté.

  Et l’enfant ? demanda soudainement l’aveugle, soucieux. Elle va bien ?

  Oui, ses parents m’ont dit qu’à part quelques petits bobos, ce n’était rien. J’ai d’ailleurs leur adresse si vous la voulez.

  Damien ? questionna-t-il en se tournant vers l’autre.

  Juridiquement, c’est la faute au conducteur qui n’a pas su garder sous contrôle son véhicule, mais dans ce cas de figure, il vaut mieux en passer par un arrangement à l’amiable, si je peux dire. Et puis, Sterby aimait bien les enfants et ça ne m’étonne vraiment pas de lui. Bon, ce n’est pas totalement de votre faute. Et puis... ce n’est qu’un chien, on pourra le remplacer, même si...

  On a assez les moyens, remarqua Vinc. Un chien d’aveugle n’est pas donné, mais on pourra s’arranger. Merci beaucoup de m’avoir ramené chez moi, monsieur...

  Je m’appelle Michael Quiniet.

  Enchanté. Moi, c’est Vincent Lichor et lui, s’il est toujours là, c’est Damien, mon petit frère. Vous êtes sûr que vous ne voulez vraiment pas boire quelque chose ? J’ai... pris de votre temps, ajouta-t-il, bien que pensant sans doute qu’il n’y avait pas là à s’excuser et que c’était la moindre des choses pour le tueur de son chien.

  Pas de problème, je n’allais tout de même pas vous laisser en galère sur le trottoir ! Si vous le désirez, même, je peux m’occuper de trouver un autre chien. Ma famille n’a pas trop à se plaindre question argent, donc si cela vous arrange, vous n’avez qu’à m’appeler. Tenez, je vous passe mon numéro, s’il y a un souci... juridique, termina-t-il avec un coup d’œil hésitant sur Damien.

  Je suis en 1er année de droit, alors c’est pour ça que j’ai l’air autant au courant, expliqua ce dernier avec un sourire compréhensif. Et donc, c’est un peu nor...

 

Le bruit de la porte d’entrée s’ouvrant le stoppa dans sa phrase et les trois garçons se tournèrent vers l’origine du son, en silence. Il y eu des bruits de chaussures qu’on enlevait, de manteau qu’on déposait et des soupirs de soulagement d’être enfin rentré. Une tête blonde apparut et parut surprise. Les cheveux coupés très courts, voir en brosse, elle était un peu courbée en avant, mais ce devait être à cause de l’âge. Habillée d’une robe un peu ample et d’une veste longue, cela la vieillissait peut-être un peu plus. Son mari était comme un campagnard de base avec la peau du ventre un peu tendue, le nez peut-être un peu trop gros pour donner l’impression d’être beau, et une moustache qui remontait sur les coins, avec des cheveux bruns un peu bouclés.

 

A la vue de Michael, ils prirent un air horrifié. Il était vrai que, physiquement, il ne plaisait généralement pas aux parents, avec ses cheveux en bataille teintés en rouge, ses lentilles de contact transformant ses yeux habituellement marrons en yeux de couleur rouge. De plus, il fallait faire abstraction de tous ses piercings aux oreilles, à la lèvre inférieure, à l’arcade sourcilière droite et de trois strass accrochées sous son œil gauche. Sans oublier ses trois bagues à la main droite, la première représentant une croix, l’autre une tête de mort et la troisième quelque chose d’indéfinissable. Et puis, il y avait toujours son collier noir dardé de piques, ainsi que ses ongles vernis en noir, et un tatouage ne représentant... rien, sur tout son avant-bras gauche. Bref, un jeune homme de bonne famille, cela allait de soi, que tout parent voudrait.

 

Celui-ci se leva instantanément, sentant l’atmosphère s’alourdir sensiblement. Pourtant les parents reprirent leur sourire, quoiqu’un peu hésitant :

 

  Bonjour.

  Bonjour, répondit-il poliment. Euh... je suis juste venu aider votre fils à rentrer, je peux m’en aller.

  Et pourquoi donc s’en aller ?? s’étonna le père. Qu’est-ce qu’il se... Oh mon dieu ! Sterby ! Que... Qu’est-ce qui lui est arrivé ?

  Un bête accident, p’pa, soupira Vincent. Il faudra... il faudra en racheter un.

  En attendant, nous ne pouvons pas le garder ainsi... Venez, on va lui donner un bon enterrement dans le jardin, parce qu’il faisait parti de la famille et qu’il sera toujours près de nous quoi qu’il arrive ! Tiens, y’a le petit gars qui est déjà en noir. Tout le monde se change pour le deuil !

 

La mère alla aider Vincent à se diriger vers sa chambre tandis que le père s’occupait de s’habiller dans la sienne. Damien, pourtant, ne bougea pas d’un pouce, l’air un peu ennuyé et blasé de tout ce remue-ménage. Il fixait Sterby, mais alors qu’il croisait le regard de Michael, il lui fit un sourire rassurant :

 

  J’espère que ça ne te dérange pas de rester toute l’après-midi. Ils sont gentils, mais un peu... intégristes sur les bords. Ah, mais tu veux peut-être appeler tes parents pour les prévenir que tu rentreras plus tard ?

  Ils ne sont pas chez moi aujourd’hui, mais... on va vraiment faire un enterrement ?

  Eh oui. Je sais, c’est un peu, peut-être, exagéré, surtout que mon père n’y va pas avec le dos de la cuillère pour ce genre de chose, mais bon, au moins je pense que tu auras le droit à un repas gratuit.

  J’ai écrasé votre chien, je ne vais quand même pas...

  Mais tu n’as pas le choix, fit remarquer Damien en rigolant. Ah, tu n’es pas croyant ? Ne t’en fais pas, moi non plus. Il faut juste que tu subisses, on ne te demande rien d’autre. Disons que c’est pour compenser ta faute.

 

Il pouffa un peu, avant de porter un regard triste sur le pauvre animal. Les trois autres membres de la famille revinrent assez vite, dans un ensemble noir seyant. Les parents avaient déjà la larme à l’œil et Vincent... bah ça ne se voyait pas avec ses lunettes noires. Damien portait Sterby cérémonieusement entre ses bras, le visage grave. Un trou avait été creusé par les hommes et le chien fut disposé dedans comme s’il s’agissait d’un bébé qu’on poserait délicatement dans son couffin. Chacun avait une fleur dans les mains, même Michael qui la faisait tourner entre ses doigts, se demandant une fois encore comment il s’était débrouillé pour se retrouver là-dedans.

 

Malheureusement, une sonnerie de téléphone vint tout gâcher et c’est sous un regard noir des parents que Damien décrocha son portable tout en s’enfermant dans la maison. Le père, avec un soupir continua son sermon, mais de sa position, Michael entendit plus la conversation téléphonique grâce à une fenêtre ouverte.

 

  Ah, mais bien sûr ! s’exclamait Damien. Ce sera avec plaisir. Quelle heure ? Hum ? Okay. Faut-il que je ramène quelque chose ? Non ? J’insiste, j’insiste. Mmh...  ouais... ça doit bien se trouver quelque part. Allez, à ce soir, ma puce. Oui, moi aussi. Bye.

 

Quelques instants plus tard, il revint avec un petit sourire qu’il essaya de cacher pour la circonstance. Les sermons finis, ils se recueillirent un instant, puis chacun leur tour, ils jetèrent leur fleur sur la dépouille, prononçant un petit discours.

 

  Toujours utile, il m’a à chaque fois mené là où il fallait, me faisant contourner les obstacles, commença Vincent. Mais Sterby n’était plus au stade de simple animal, il était devenu un véritable ami et sa présence me manquera même s’il sera remplacé.

  Sterby était, certes, un ami vraiment génial, continua Damien en lançant sa fleur. Et malgré toutes les bêtises qu’il pouvait faire, il était quand même sympa et amusant. On le regrettera tous.

 Un peu trop joueur, je n’arrêtais pas de pester contre toutes les saletés qu’il pouvait ramener parfois, surtout lorsque mon fils était passé par des chemins boueux, sourit tristement la mère. Toujours à traîner là où il ne fallait... et pourtant, il ramenait un peu de vie dans cette maisonnée et ça va paraître bien vide, maintenant.

 

Tous se tournèrent vers Michael qui se dit que ça devait être son tour. Il tritura encore plus sa fleur, se gratta la tête, ne sachant que faire. Il ne le connaissait même pas, ce chien !

 

  Euh... Sterby a été vraiment très brave... jusqu’au bout, pensant plus à la vie de cette petite fille, plutôt qu’à la sienne. Il devrait mériter une place d’honneur dans... euh, dans... dans les cieux. Tout le monde rêverait d’avoir un chien aussi sensible et prévenant que lui.

 

Un peu embarrassé, il jeta précipitamment sa fleur avant de regagner sa place.

 

L’enterrement se finit assez rapidement et tous passèrent à table. Le repas fut excellent et chacun raconta sa petite anecdote, relatant la vie entière de ce pauvre Sterby, de sa naissance jusqu’à ce jour, et Michael eut l’impression vers la fin d’avoir depuis toujours connu ce chien, ayant entendu tellement de lui, pendant le repas. A la fin, Michael regarda sa montre, puis déclara qu’il fallait qu’il rentre quand même chez lui. Vincent se leva brusquement alors qu’il quittait la table :

 

  Attendez, j’aimerais...

 

Il ne put finir sa phrase, ses pieds se prenant dans le tapis installé sous la table. Etant le plus proche, Michael se précipita pour le rattraper, mais déjà il était en mauvaise posture pour empêcher quiconque de tomber et de plus, le poids de l’aveugle était supérieur au sien. Ce qui en résultat une chute des deux garçons. Si ça n’avait été que ça, il n’y aurait pas eu de problèmes, mais Vincent avait pris l’habitude de réfléchir et d’agir seul et donc, essayant de s’en sortir sans aide, il avait agrippé la première chose qui lui était passé sous la main, ce qui se révéla être la nappe de la table. Son assiette tomba à quelques centimètres de son visage et se fracassa, projetant des débris coupants un peu aux alentours. De plus, la sauce qui s’y trouvait éclaboussa le tapis qui n’avait rien demandé, ainsi que les deux protagonistes.

 

Les parents et Damien se précipitèrent sur les lieux de l’accident afin de vérifier si tout allait vraiment bien et découvrirent Michael au dessus de ce pauvre Vincent.

 

  Est-ce que ça va ??!! s’exclama Mme Lichor.

  Ah désolé, je n’ai pas pu l’empêcher de tomber, fit le roux en se relevant brusquement comme s’il s’était brûlé, puis il aida sa malheureuse victime à se redresser également. Ca va, Vincent ?

  Je sens que je me suis coupé à la joue.

  Ah mon dieu ! s’horrifia sa mère. C’est cette assiette. Heureusement qu’elle ne vous ait pas tombée dessus ! Michael, toi aussi, tu as une égratignure sur ta joue. Il faut soigner ça au plus vite ! Oh et ton T-shirt noir ! Il est sale à présent ! Vincent, tu vas lui passer quelque chose pour qu’il n’attrape pas froid.

 

Elle les poussa en avant afin qu’ils se prennent en charge seuls alors que le reste de la famille nettoyait les lieux du crime. Une fois dans la salle de bain, le brun dit en indiquant d’un geste le tout :

 

  Il y a normalement une petite armoire au dessus du lavabo. A l’étage du dessous il y a un désinfectant avec des pansements.

  J’ai trouvé.

 

Michael amena Vincent à s’asseoir sur le bord de la baignoire et il ouvrit les boîtes. S’approchant du visage du brun, il essaya de déceler un débris inopportun dans les coupures. Mais il fut gêné par les lunettes qu’il enleva doucement pour les poser délicatement sur le rebord du lavabo. Le visage de Vincent était fin.

 

  Pas besoin de désinfecter, l’entaille n’est pas si profonde que ça, informa-t-il. Un coup d’eau devrait suffire.

  Hn. Ah, désolé pour ton T-shirt.

  Ce n’est quand même pas de ta faute si tu as trébuché. Et au fait, tu voulais me dire quoi avant qu’on ne tombe ?

  Euh... Juste qu’il ne fallait pas penser du mal de mes parents parce que ce n’est pas de leur faute.

— ??

  Bah, ils sont un peu spéciaux et vraiment très pratiquants chrétiens, alors parfois ils peuvent être lourds. Par exemple, leur cérémonie d’enterrement était vraiment trop pour un simple chien. Moi-même, j’aurais préféré que ça se fasse simplement... Et puis, il y a aussi mon frère qui ne cache pas son ton blasé et qui énerve beaucoup mes parents sur ce fait.

  Chacun sa religion, grommela Michael en passant un coton d’eau sur le visage fin de son vis-à-vis.

  Oui, soupira-t-il. Je suppose. Euh... ton T-shirt était si spécial ?

  Comment ça ?

  A-t-il un beau dessin devant ou bien est-ce que c’est un objet affectif ?

  Non. Pourquoi ?

  Ouf. Les sauces qu’on fait chez nous sont assez... coriaces et ton T-shirt est bon pour la poubelle, désolé. Je t’en donnerais un, mais je ne sais pas si j’en ai un noir.

  Ah oui, c’est vrai : tu ne vois pas comment tu t’habilles. C’est un peu dur, non ?

  Ce n’est pas exactement le cas. Je sens les textiles et je prends ceux qui me donnent une agréable sensation. Mon... infirmité me donne davantage de sensations lorsque je touche quelque chose alors je m’y fie plus. Evidemment, je demande souvent quelle est la couleur que je tâte, afin de ne pas acheter des vêtements roses ou... je ne sais pas moi... Mais généralement, je fais les courses avec ma mère ou mon père, donc... Si ça se trouve, c’est moche, hahaha...

 

Le visage de Vincent se secoua de rire durant un bref instant au cours duquel Michael se recula afin de prendre les pansements. En général, les coupures étaient vraiment peu profondes, mais il y en avait une, sous l’œil qui semblait un peu plus conséquente. Il s’approcha précautionneusement de la chair, le visage à quelques millimètres, et déroula la bande adhésive. Il se recula une fois de plus, assez rapidement, voulant une vue globale de l’ensemble, pour voir s’il n’avait rien oublié.

 

  Je ne sais pas si tes vêtements sont vieillots ou non, mais en tout cas, ils te vont bien, sourit-il, puis il passa rapidement à autre chose : C’est bon, j’ai fini avec toi. Euh, j’arrive, le temps de m’occuper de mon cas.

  Okay. Merci.

 

Avant de passer un coup d’eau sur ses fines blessures, le roux fourra dans les mains de l’autre ses lunettes noires, puis il rangea le tout.

 

  Ma chambre est au bout du couloir, indiqua Vincent alors qu’ils s’engageaient dans celui-ci. Il y a un panneau accroché à une patère, où il y a marqué mon nom.

  Nous y sommes, dit Michael en ouvrant la porte. Je t’installe sur ton lit, voilà. C’est sympa ta chambre.

  C’est mon frère qui a tout décoré. Au début, c’était nos parents, mais je crois qu’il a pété un câble devant le résultat. Je sais qu’il y a un grand poster au-dessus de mon lit qui représente un groupe de rock japonais que j’aime. Connais-tu ?

  Non. Je suis plutôt pour de la musique américaine qui passe 36 000 fois par jour dans une chaîne de radio. Ils sont sympas également tes autres posters.

  Lesquels ? Je ne me souviens plus.

  Il y a celui accroché à ta porte qui représente un extraterrestre vert et bleu translucide en train de fumer... quelque chose de louche et il y a une phrase qui est écrite : « Feel Good » (2). Il y a une ville avec des buildings en noirs à l’arrière-plan. Et puis le poster accroché sur une de tes portes d’armoire, il est terrible ! Je ne connaissais pas celui-là sur Goldeneye (3) !

  Je vois de quoi tu parles, acquiesça l’aveugle, souriant. Au fait, sers-toi dans l’armoire et prend un haut qui te fait plaisir, je te l’offre.

 

Un peu hésitant au départ, le roux ouvrit le placard et après un rapide coup d’œil, il situa les hauts bien pliés et rangés selon leur couleur. Il se douta que ce devait être la mère qui devait s’occuper de son rangement et il se retint de vouloir tout mettre en désordre, ne supportant pas tant de... de... d’ordre. Passant sur ce détail, il regarda les couleurs qui se présentaient à lui et après maintes hésitations, il opta pour un T-shirt bleu sombre. Mais lorsqu’il le déplia, il découvrit une grosse croix argentée sur le devant et le mot « Christ » en dessous.

 

  J’en ai trouvé un, mais...

  Approche.

 

L’aveugle tendit la main vers lui et Michael s’exécuta, posant la main de l’autre sur les motifs. Les doigts dessinèrent les contours, puis il eut un sourire triste.

 

  Je peux en choisir un autre s’il y a besoin, ajouta précipitamment Michael.

  Non, non. Je ne le mets plus celui-là. J’en ai d’autres dans le même style, alors ça devrait aller. Tu peux m’en passer un ? N’importe lequel. Parce que, moi aussi, j’ai de la sauce sur moi.

  Bien sûr.

 

Après avoir déposé dans les bras de Vincent une chemise blanche, le roux s’occupa de ses propres affaires, enlevant son haut noir qui commençait effectivement à être imprégné de la sauce comme s’il s’agissait d’un motif plus sombre. Il enfila ensuite le T-shirt propre qui était à peine un peu plus grand que lui, alors que l’aveugle était tout de même plus grand que lui d’au moins 3 ou 5 cm. Vincent n’avait pas menti en affirmant qu’il ne le mettait plus depuis pas mal de temps, sans oublier qu’il était bien sagement rangé tout en dessous de la pile.

 

Laissant là ses réflexions du moment, il se tourna juste à temps vers le brun qui venait de terminer de boutonner sa chemise.

 

  Je pense que je vais rentrer chez moi, à présent.

  Bien entendu.

 

Après avoir aidé l’aveugle à le suivre jusqu’à la porte d’entrée, Michael put dire au revoir en passant devant les autres membres de la famille qui s’étaient déjà installés devant le poste de télévision. Avant de partir, le roux fit :

 

  Merci pour le T-shirt et pour le dîner. Et encore désolé pour ton chien.

  Hn.

 

La porte se referma doucement et un petit clic indiqua qu’elle fut  fermée à clef. Michael repartit de son côté, alors que Vincent alla rejoindre sa famille.

 

*-*-*-*-*

 

A suivre...

 

(1) : Coïncidence ou private joke de l’auteur douteux, sterben veut dire « mourir » en allemand. Mah... fallait bien lui trouver un nom, lol !!

(2) : C’est un poster de mon frère quand il était au collège et il est fun, alors pourquoi pas, lool. Bon la phrase, je ne m’en souviens plus, mais le poster est roulé au fin fond d’un placard avec devant plein de matériel électronique alors vous m’excuserez de ne pas avoir fait des fouilles intensives, quand on sait qu’une des pile à élargit l’étagère par sa hauteur...

(3) : Marque déposée, hein, mais tout le monde s’en doutait je suppose... Et c’est encore un poster à mon frère. Moi, je n’ai que des mangas sur mes murs, alors pour quelqu’un qui ne s’intéressait pas à la culture nippone, ça aurait été peu crédible, lol.

 

¤

 

Mydaya : Premier chapitre fini... Halala, que d’émotions ! Car j’ai eu l’idée de cette fic il y a un peu moins d’un an et je l’ai cogitée dans ma petite tête jusqu’à il y a très peu de temps donc, même si j’ai un semblant de plan sur une feuille, je vais développer à fond chaque partie, ce qui fait des chapitres de taille raisonnable (pour tous ceux qui ne le savaient pas encore, je fais une fixation sur le nombre de mes pages à chaque fois, lol !)

Donc j’espère que ça vous a plu tout ça, malgré un fin héroïque de Sterby v.v ;;; (pas ma faute, lol) Laissez un petit commentaire ;p