Chapitre 1 : Echange
*-*-*-*-*
Série : Shaman King
Auteur : Mydaya
Genre : Yaoi donc si vous aimez
pas... bah tant pis. Sinon je suppose que va y avoir des spoilers. La fic se
passe avant le Shaman Fight, avant le passage de Ragoh.
Couples : HaoxYoh donc âmes
choquables (ça existe ce mot ?), du balai !!
Disclaimer : Je veux les persos T-T
...
Hao et Yoh : Naannn nous, on veut
pas !!
Mydaya : °cours après eux° Mais si,
venez dans mes bras, mes chéris !!!!!!
Hao et Yoh : Au secours !!! é.è
— pour les paroles des persos
*-*-*-*-*
Yoh regarda les étoiles, sont walkman sur les oreilles. Il
se sentait étrangement calme. Il avait réussit à partir de l’auberge abandonnée
où Anna voulait lui faire faire la cuisine ou le ménage. Cet instant de détente
le relaxait. Manta par contre, n’avait pas réussi à sortir car Anna l’avait
attaché au balai. Yoh, voulant profiter de quelques instants de calme, n’était
pas venu au secours de son ami.
Amidamaru flottait à côté de son maître, méditant lui
aussi. Au cimetière, c’était la fête parmi les âmes, mais Yoh s’était posé à
l’écart, fatigué de la tension que faisait régner Anna. Il n’avait rien contre
elle et l’aimait bien, mais il trouvait son entraînement un peu... fort. C’était marrant ça, de penser à elle alors
qu’il la fuyait. Peut-être sentait-il un sentiment fort envers la blonde...
Yoh soupira et se vida l’esprit (chose qu’il fit très
facilement ^^) Mais soudain, après quelques instants de calme paradisiaque, il
sentit un sentiment étrange s’emparer de lui. Il se sentit voler dans les airs.
Regardant vers le sol, il vit son enveloppe charnelle.
— Eh mais c’est
moi !
Il regarda autour de lui, mais ne vit pas ce qui
l’emportait en haut. Il s’aperçut qu’il était comme Amidamaru. Mais alors
celui-ci l’aurait distingué ! Qu’est-ce qu’il se passait ? Il était
mort ? Bah non : il n’avait rien senti.
Yoh se laissa donc porter doucement, voyant que ce qui le
maintenait le gardait à une hauteur respectable du sol. Le voyage dura une
éternité où Yoh n’arrêtait pas de parler tout seul :
— Mais où est-ce
que tu m’emmènes ? Et puis qui es-tu ? Qu’est-ce que tu me
veux ? J’ai rien fait ! Lâche moi… ou non, plutôt repose-moi
doucement par terre ! Tu as entendu ?
Et ainsi de suite. Yoh finit par se lasser et par regarder
d’un œil morne le paysage défilant sous lui.
Quelques minutes plus tard, il vit quelqu’un dans la même
situation que lui devant lui. Le nouveau venu donnait l’impression d’être en
même temps énervé et ennuyé. Quand il releva la tête vers Yoh, alors qu’ils
s’approchaient de plus en plus, ils se fixèrent tous deux sans un mot.
C’était comme un miroir. L’un avait juste les cheveux
longs et l’autre les cheveux courts. Yoh avait un pantalon noir et une chemise
blanche ouverte. L’autre avait un pantalon noir avec des sortes de ceintures
rouges avec des étoiles qui l’entourait, et une grande cape blanche.
Ils se croisèrent et ils se retournèrent pour se fixer
encore.
— Je m’appelle Hao,
Otôto.
— Et moi Yoh...
Quoi, Otôto ?
Le dénommé Hao éclata de rire tandis qu’il s’éloignait de
plus en plus. Yoh eut beau lui demander des renseignements, il ne répondait pas
et continuait son chemin, contre son gré. Otôto... Cela voulait dire que Yoh
était le petit frère de ce gars ? Mais il ne le connaissait même
pas ? Ses parents ne lui en avaient jamais parlé... Anna serait-elle elle
aussi au courant ? Quand il rentrerait, il irait éclaircir tout ça.
Mais où est-ce qu’on l’amenait à la fin ? Plusieurs
minutes passèrent, puis finalement, il aperçut en dessous de lui le corps de
Hao.
Yoh perdit de l’altitude, plongeant dans le corps
semblable au sien. Il sentit encore cette sensation bizarre, puis ouvrit les
yeux. Il était à nouveau sur la terre ferme. Un feu brûlait à côté car il
faisait nuit. Un petit africain dormait. Sinon tout était calme. Se regardant,
Yoh constata qu’il était dans le corps de Hao.
Bon... et maintenant ? Il se décida à réveiller
l’africain. Celui-ci pourrait lui apprendre deux ou trois petites choses. Le
secouant tout doucement, le jeune garçon ouvrit de grands yeux endormis.
— Qu’y a-t-il,
Hao-sama ?
— Hao…...
sama ? Euh, je ne suis pas Hao... euh Hao-sama.
— Pourquoi Hao-sama
dit-il ça ?
— J’ai dit que je
n’étais pas Hao... Je m’appelle Yoh et je ne sais pas ce que je fais ici.
— Yoh..., fit
l’africain d’une petite voix. Hao-sama est sûr de bien se sentir ?
Peut-être que le repas lui a monté à la tête et qu’il faut qu’il aille se
reposer.
— Mais non je ne
suis pas fatigué, répliqua-t-il. Je me suis mis à planer et je me suis retrouvé
dans son corps et lui doit être dans le mien... Mais je suis Yoh.
— Mais...
pourquoi ?
— Je ne sais pas,
répondit précipitamment Yoh, voyant que le petit commençait à avoir des yeux
pleins de larmes. Moi non plus j’ai rien demandé, continua-t-il, mais voyant
que ça ne consolait pas pour autant l’africain, il se massa la nuque et dit
avec un petit sourire : Mais j’ai croisé Hao... sama et il avait l’air en
pleine forme. Quand il m’a vu, il a rigolé : il devait trouvé ça très
drôle. Et il m’a appelé Otôto... Euh, tu sais pourquoi ?
— Yoh... sama ne
sait pas ? Hao-sama est son frère jumeau. Vous avez été séparés à la
naissance. Tu ne connais pas Hao-sama ?
— Ben... non, pas
vraiment. Pourquoi personne ne m’en a parlé ?
— Hao-sama est un
puissant shaman, expliqua le petit avec passion. Il est craint des humains et
ses parents ont voulu le tuer à la naissance. Heureusement, Spirit of Fire
était là !
— C’est son esprit,
c’est ça ?
— Oui. Hao-sama est
la réincarnation d’un ancien shaman de la famille Asakurah. Ils lui en ont
voulu parce qu’il avait voulu tuer des humains. Les humains sont mauvais et
détruisent la Nature !
— Ah bon, fit
simplement Yoh.
Il avait un peu mal à la tête. C’était un peu trop
compliqué pour lui. Le petit dit s’appeler Opacho. Ils s’endormirent assez
vite.
*-*-*-*-*
Il ne savait pas qui lui avait fait le coup, mais il
allait le regretter. Hao, passé sa bonne humeur parce qu’il avait croisé Yoh,
commençait à s’énerver.
Quelques minutes plus tard, il vit en dessous de lui le
corps de son jumeau et lorsqu’il ouvrit les yeux, il était à l’intérieur. Mais
qu’est-ce que ça voulait dire ? Plusieurs âmes faisaient la fête et une
autre méditait près de lui.
Un casque sur les oreilles, Hao écoutait de la musique.
Méprisant les objets sans âmes, Hao le jeta par terre et l’écrasa d’un coup de
talon. L’âme à côté ouvrit les yeux et le regarda bizarrement.
— Qu’y a-t-il,
Yoh-dono ?
— Rien, sourit Hao,
voulant jouer le jeu en se faisant passer pour son frère. Cette musique ne me
plaît pas, c’est tout. Euh... où est-ce qu’on va, maintenant ?
— Anna doit nous
attendre à l’auberge, répondit le samouraï. Quand elle nous verra, elle va nous
en faire baver. Elle est sûrement en train de penser à un entraînement
spécial... Pauvre Manta, il doit être en train de supporter sa colère.
Anna... N’était-ce pas la fiancée de Yoh ? Il savait
qu’elle avait un caractère difficile, mais qu’elle tenait à Yoh. Enfin, elle
n’arrêtait pas de répéter qu’elle épouserait le Shaman King.
Or, Hao voulait être Shaman King. L’Itako pourrait être
utile. Hao eut un petit sourire.
— Vas-y un peu
devant moi pour que tu me préviennes si elle est là.
— Oui, Yoh-dono.
Ainsi le fantôme lui montrerait la voie. Souriant
intérieurement, il se dirigea vers l’habitation de son frère.
Arrivés à l’auberge, le fantôme monta vers une fenêtre.
Rentrer discrètement ? Ah non, autant faire son effet. Hao entra carrément
par la porte d’entrer.
— Tadaïma !
Silence. Hao se déchaussa et regarda l’endroit. C’était
mignon, mais ça ne valait pas la Nature dehors. S’il avait été lui, il serait
resté dormir à la belle étoile, comme il le faisait habituellement.
Une blondasse arriva dans une robe noire et un chiffon
rouge ridicule sur sa tête. L’Itako avait son collier de perle autour de son
cou, plusieurs fois enroulé. Elle avait l’air en colère. Hao sourit
insolemment.
— Où est-ce que tu
étais ?
— Dehors.
— Pourquoi je
n’ai pas été prévenue ?
— Je voulais être
seul.
— Ce sera pour ta
peine : on double l’entraînement dès demain.
— Non.
Anna fronça les sourcils. Et oui, Hao ne comptait pas être
aussi gentil que son frère avait dû l’être.
Apparemment elle s’occupait de son entraînement. Mais Hao
savait se débrouiller tout seul, alors pas besoin d’elle. Ayant un caractère
difficile, Hao pensait qu’il l’amadouerait en montrant ce même caractère.
— Comment ça non,
demanda-t-elle, visiblement contrariée. Tu obéis et c’est tout.
— Plus maintenant,
répondit-il calmement. Je serais Shaman King alors il faut que j’apprenne à
m’entraîner tout seul.
Il lui fit un clin d’œil et passa près d’elle. Il
effectuerait des changements par ici.
Il croisa dans un couloir quelqu’un d’aussi petit que
Opacho.
— Yoh, tu es enfin
là ! Je n’en peux plus.
— Salut. Euh... Je
suis fatigué, alors je vais aller me coucher.
Et il y alla. Manta partit bientôt chez lui.
La nuit, Anna regarda la porte de sa chambre en fronçant
les sourcils.
*-*-*-*-*
A son réveil, Opacho était toujours là. Il lui apprit un
minimum de la vie de son jumeau.
— Hao-sama ne pense
qu’au bonheur des shamans : il veut un monde constitué uniquement de
shamans car les humains réduisent nos pouvoirs d’origine avec la Nature. Aussi,
tous les faibles sont éliminés : ils ne sont pas productifs.
— Mais chacun a le
droit de vivre, s’exclama Yoh, choqué. Et puis même les shamans faibles !
Si on est capable de voir un esprit, on ne peut pas être foncièrement mauvais.
Donc pourquoi Hao veut-il tuer des gens qui sont gentils ?
— Les humains n’ont
pas été gentils avec Hao-sama, répliqua Opacho en fronçant les sourcils. Ils
ont essayé de le tuer alors qu’il leur avait rendu service. Hao-sama avait
chassé des démons qui importunaient un riche seigneur. Mais lorsque les humains
ont vu les immenses pouvoirs de Hao-sama, ils ont pris peur et ont voulu le
faire assassiner.
— Il était mon
ancêtre donc ça veut dire que ça fait longtemps : tous les hommes ne sont
pas comme ça. Les temps changent, il y a plus de tolérance maintenant.
Yoh pensa à Manta. Son meilleur
ami. Lui qui avait eut peur au début était finalement resté près de lui pour le
soutenir partout. C’était ça, un ami. Et puis il pouvait voir Amidamaru, donc
il était quelqu’un de bien.
—
Les humains sont tous les même, s’entêta-t-il. Ils sont faibles...
—
Nous n’allons pas discuter de ça toute la journée, coupa Yoh en
baillant, voyant la conversation existentielle un peu trop ennuyante à son
goût. Et maintenant… Qu’est-ce que je suis censé faire ?
—
Hao-sama a pour habitude de se laver dans le lac là-bas. Il y reste une
heure ou deux… Je pense qu’il ne faut pas dire aux autres ce qui est arrivé car
ils pourraient vous tuer, Yoh-sama. Mais il va falloir que vous restiez comme
ça jusqu’à ce qu’on trouve une solution.
—
Si tu veux, fit Yoh en haussant les épaules.
Ils allèrent au lac. Yoh enleva sa
grande cape, puis il eut un petit problème.
—
Euh... Opacho ?
—
Oui, Yoh-sama.
—
Où est le maillot de bain ?
—
Hao-sama n’en a pas besoin. Il va dans le lac avec son pantalon.
Un peu étonné, Yoh s’approcha
quand même du lac. Il ne vit pas Opacho derrière son dos. Celui-ci le poussa
d’un coup et il tomba dans le lac. L’africain ria de bon cœur.
—
C’est pas drôle, grogna Yoh.
L’eau était à la bonne
température. Par contre Opacho ne voulut pas se baigner. Alors que Yoh lui
affirmait que l’eau était agréable et essayait de le faire venir elle aussi, il
le fixa de ses grands yeux ronds. Puis il s’expliqua :
—
Hao-sama a l’habitude de se baigner ici, mais pas moi. Il a habitué son
corps aux températures extrêmes : c’est son entraînement. L’eau est en
réalité froide, Yoh-sama.
—
Ahaha ! Au moins, je vois le côtés positifs : plus
d’entraînement de Anna, quel soulagement ! Mais, attends une seconde... Si
j’ai les capacités de Hao, est-ce que ça veut dire que je peux contrôler Spirit
of Fire ? Est-ce que j’ai autant de furyoku que lui ?
Opacho réfléchit. Puis ses yeux
s’embuèrent de larmes. Yoh fronça les sourcils et demanda, ne comprenant pas ce
qui avait pu faire autant se troubler Opacho.
—
Si Yoh-sama a les pouvoirs de Hao-sama, ça veut dire que Hao-sama a les
pouvoirs de Yoh-sama… Est-ce que Yoh-sama avait des grands pouvoirs ?
Est-ce que Hao-sama pourra se débrouiller ? Yoh-sama, avait-il un puissant
esprit ?
Yoh se souvint de ses épreuves.
Bon c’est vrai, il n’était pas aussi fort que Hao, puisque jamais dans son vrai
corps, il n’aurait idée de se plonger dans de l’eau gelée. Il n’avait pas les
mêmes performances que son frère.
Hao pouvait utiliser un Spirit of
Fire alors que lui, avait gentiment demander à Amidamaru de venir avec lui...
Ce n’était franchement pas le même niveau. Mais Amidamaru était très
puissant : même Ren l’avait remarqué !
—
Je n’étais pas aussi fort que lui, mais je me débrouillais, lança-t-il
fièrement. J’avais un puissant samouraï comme principal esprit : il est
génial !
C’est là qu’il pensa à Anna.
Avait-elle deviné quelque chose ou Hao lui avait-il dit à elle, ainsi qu’à Manta
ou Amidamaru. Sinon... Hao devrait subir l’entraînement intensif de Anna.
Yoh le plaignit presque. Mais il
ne le mentionna pas pour ne pas faire pleurer Opacho.
Lorsqu’il sortit du lac, il était
déjà midi.
*-*-*-*-*
Lorsque Hao se réveilla, personne
n’était levé. Il sortit et tua des oiseaux qui avaient eut le malheur de passer
par là. Ils furent son petit-déjeuner. Puis se souvenant quand même qu’il
n’était pas dans sa maison et qu’il y avait une autre personne, il prépara un
petit-déjeuner pour sa fiancée.
Quand elle fut debout, la première
chose qu’elle articula fut :
—
Déjà réveillé ? Ce n’est pas ton genre.
—
Et pourquoi pas ? Je t’ai dit que je voulais m’entraîner seul. Donc
un bon entraînement commence par un réveil auroral. Ensuite une douche bien
fraîche... Il n’y a pas un lac par ici ?
Anna haussa les sourcils, les yeux
écarquillés. Qu’était-il arrivé à Yoh... ? Il semblait plus mature et
réfléchi. Pourtant Anna ne sentait aucune âme combinée à Yoh. Elle lui indiqua
quand même le petit étang dans le jardin.
Hao la remercia en souriant. Il
s’y dirigea et enleva sa chemise blanche. Il entra dans l’eau froide du matin
avec un frisson. C’était lui ou l’eau paraissait gelée ? Il ne resterait
pas trop longtemps comme il le faisait avec son propre corps, car sinon il
tomberait malade.
Anna le regardait tout en mangeant
ce que Hao avait chassé.
Vingt minutes plus tard, Hao en
eut assez et sortit de l’eau, trempé jusqu’aux os.
—
Je pourrais avoir une serviette, demanda-t-il à l’Itako.
Anna ne bougea pas d’un poil. Hao
lui fit un sourire forcé et alla s’en chercher une lui-même. Quel caractère,
cette blondasse ! Il voulait lui faire un peu peur pour la taquiner.
Il essaya de ramener du furyoku à
lui, mais n’en parvint qu’à une certaine limite. Le fantôme de la veille arriva
et s’étonna :
—
Que se passe-t-il, Yoh-dono ?
—
Je m’entraînais à amasser le plus de furyoku Mais j’ai l’impression que
j’ai du chemin à faire. Je sens que je pourrais faire mieux : il faut
juste que je m’entraîne.
Hao s’essuya et demanda à ce
fantôme de venir l’aider. Il fallait qu’il trouve un moyen de connaître son
nom, sinon sa couverture était grillée.
Le nain de jardin de la dernière
fois arriva un peu avant midi.
—
Ho Manta, fit Anna en passant. Tu tombes bien : Yoh est occupé. Tu
te chargeras donc du déjeuner.
—
Quoi ? Mais je ne suis pas...
Il n’eut pas le temps de terminer
sa phrase que Anna le gifla et s’en alla. La joue rouge et la larme à l’œil, le
dénommé Manta alla tristement dans la cuisine en lançant un regard de
gentillesse dans la direction de Hao.
Il ressemblait étrangement à
Opacho, songeait Hao, un peu mélancolique. Il était aussi petit, avait les
larmes rapidement aux yeux et dégageait une forme de gentillesse. Seulement
Manta n’était pas shaman, même s’il voyait les esprits : c’était donc un
humain un peu moins faible que les autres...
Hao secoua la tête et continua son
entraînement avec son fantôme principal.
Quand soudain, il y eut un grand
bruit de verre brisé venant de la cuisine. Hao et son fantôme s’y précipitèrent
et virent que Manta avait fait tomber des assiettes contenant de la nourriture.
—
Manta-dono, s’inquiéta le samouraï.
—
Ça ira, Amidamaru. Je n’ai pas assuré ma prise sur les assiettes, c’est
tout. Anna va me tuer si elle voit ça.
—
Trop tard, fit Anna.
Elle s’approcha de Manta et le
gifla. Hao ne sut pas comment, ni pourquoi, mais il poussa Anna qui recula en
arrière, sous l’effet de la surprise. Même Manta et Amidamaru le regardait
étrangement.
Mais qu’est-ce que faisait son
frère dans ces situations-là ? Il laissait son ami se faire frapper ?
C’est vrai que Anna avait une aura bien particulière qui pouvait inspirer la
peur... Mais Yoh était le frère de Hao et donc avait une grande
puissance : il n’avait pas à s’incliner devant elle.
—
Arrête de frapper Manta, répondit-il. C’était pas sa faute.
—
Mêle-toi de tes affaires, fut sa seule réplique.
Et elle le gifla, lui aussi. Hao
n’avait pas prévu ce coup-là. Jamais personne n’avait osé le frapper ainsi. Et
c’est ce qui lui donna un petit sourire. Cette fille était adorable !
Il se massa la joue avec son
sourire. Elle sortit de la cuisine et alla s’affaler devant la télé. Amidamaru
vint près de son maître.
—
Je ne suis pas sûr que ce soit bien d’énerver Anna-sama…
—
Elle n’avait pas à frapper tout le monde à tors et à travers, sourit-il
en guise d’excuse.
—
Merci Yoh, fit timidement Manta.
—
C’est normal entre amis, rétorqua-t-il en lui souriant.
Puis il continua à s’entraîner
tandis que Manta finissait le repas. Au moins, il connaissait le nom de tout le
monde.
*-*-*-*-*
Yoh passa son après-midi à
s’entraîner, sous le regard attentif d’Opacho. Il n’était pas aussi méchant que
Anna, mais dès qu’il tentait de se reposer, l’africain commençait à pleurer en
n’arrêtant pas de dire :
—
Si Yoh-sama ne s’entraîne pas comme le fait Hao-sama tous les jours, les
autres remarqueront le changement et alors ils tueront Yoh-sama et donc le
corps de Hao-sama. Hao-sama ne pourra jamais retrouver son corps !
Alors Yoh continuait à
s’entraîner.
En fin de journée, alors que le
soleil avait déjà disparu, Yoh s’allongea de tout son long dans l’herbe. Il
n’avait plus du tout d’énergie, enfin c’était ce qu’il pensait, mais Opacho
secoua la tête :
—
Yoh-sama est trop paresseux ! Hao-sama ne se repose que quand il ne
peut vraiment plus tenir debout et qu’il a un besoin presque vital de dormir.
—
Mais c’est une machine ou quoi, haleta Yoh, à bout de souffle.
—
...
—
Ce n’est pas ce que je voulais dire, fit-il précipitamment, voyant une
larme couler sur la joue de le jeune africain. En fait, mes paroles avaient un
but assez précis et assez vague à la fois. On peut même penser que je me parler
à moi-même ou que je divaguais. Et alors on pouvait penser que… cela pouvait
prêter à confusion…
—
Mais qu’est-ce que vous dites, Yoh-sama ?
—
J’en sais rien… je suis fatigué.
Opacho regarda le sol. Il partit,
laissant seul le jeune homme.
Ses cheveux longs collaient à son
corps trempé de sueur. Il avait enlevé sa cape, préférant resté torse nu afin
d’apprécier le vent frais du soir. Celui-ci fit légèrement bouger les cheveux
du shaman. Yoh mit ses mains derrière la tête et regarda le ciel étoilé.
Comment allait Manta, Amidamaru et
Anna ? Bizarrement, l’Itako lui manquait. Que se passait-il réellement
là-bas ?
Qu’est-ce qui avait fait que Yoh
change de place avec son frère jumeau ? Il avait senti un sentiment de
bienfaisance dans tout son corps... mais c’était tout. Yoh ne savait pas ce que
cela pouvait signifier et était trop fatigué pour réfléchir à quoi que ce soit.
Mais c’était étrange de vivre dans
la peau d’un autre. Lui qui n’avait jamais su qu’il avait un frère, venait de
comprendre comment il fonctionnait alors qu’il ne l’avait croisé qu’une fois.
Son mode de vie et les quelques explications de Opacho donnaient un aperçu de
son caractère.
Opacho revint avec le repas du
soir. Yoh le remercia et mangea comme un goinfre, tant il se sentait vidé de
son énergie. Soudain, il se rendit compte que Opacho était hésitant et semblait
vouloir lui dire quelque chose.
—
Oui, l’encouragea Yoh, las.
—
Demain, Hao-sama avait promis de faire une grande fête. Il avait invité
tout le groupe pour toute la soirée et toute la nuit.
—
Ah... euh, en quel honneur ?
—
C’est mon anniversaire et Hao-sama voulait fêter ça. Mais maintenant
qu’il est parti, il faudrait mieux supprimer la fête. On pourrait trouver un
prétexte...
—
Mais non, ça ira, rassura Yoh d’un grand sourire ressemblant tant au
sourire de Hao. Je comprends un peu comment il fonctionne : je ferais à
l’instinct, surtout qu’il est mon jumeau ! On la fera cette fête. Euh… en
tout, ça fera combien de personnes ?
—
Onze je crois en tout : il y a l’équipe Tsuchigumi avec les Boz et
Peyote. L’équipe Hanagumi avec Kanna, Marion et Mathilda. L’équipe Tsukigumi
avec Big Guy Bill, Zanchin et Tarvein. Et enfin, l’équipe Hoshigumi avec
Lufiner, Opacho et normalement, il y a Hao-sama.
—
Wouah ça fait du monde !
—
Yoh-sama n’est plus d’accord ?...
—
Si si si, s’empressa de répondre Yoh lorsqu’il vit le visage en détresse
de Opacho. C’est juste que ça me surprend qu’il y ait autant de gens qui le
connaisse. Alors que moi, qui suis pourtant son jumeau, quelqu’un de sa
famille, je n’étais même pas au courant de son existence.
Il y eut un petit silence. Yoh
continuait d’observer les étoiles, après avoir dévoré son repas.
—
Hao-sama se demandait parfois ce qu’était devenu son frère. Ça ne lui
arrivait pas souvent, mais ça lui arrivait. Et il se posait des questions au
sujet de Yoh-sama. Je crois qu’il voulait vous rencontrez.
—
Tu crois ?
—
Oui.
Yoh regardait encore les étoiles.
Sans s’en rendre compte, il plongea dans un sommeil où ses rêves tournaient
autour de Hao, ce frère caché.
*-*-*-*-*
Le repas du midi se fit devant la
télé. Personne ne parlait vraiment, tous fixant l’objet sans âme. Hao
considérait cet objet avec mépris. Il préférait ses conversations avec Opacho.
D’ailleurs, que faisait son frère
avec lui ? L’avait-il mis au courant ? D’après ce qu’il avait pu en
juger, Yoh paraissait être fainéant et naïf. Il devait donc avoir tout raconté
au petit africain. Il soupira. Et lui qui voulait lui souhaiter un bon
anniversaire, c’était raté : son frère le ferait à sa place.
Finalement, il s’était rendu
compte que Anna n’était pas si terrible que ça. Elle avait un caractère bien
trempé, mais cela n’arrivait plus à charmer Hao. Dommage, elle avait paru mignonne
au début… un peu chiante sur les bords, mais mignonne.
Manta était resté pour le déjeuner
et avait échangé quelques paroles avec Yoh ou Amidamaru. Il ne parlait presque
jamais à Anna, car presque à chaque fois, il se prenait une gifle.
Tout d’un coup, il se rendit
compte que la télé avait été éteinte et que Anna le fixait de ses yeux
perçants. Manta essayait de se faire tout petit (pas très compliqué ^^) et
Amidamaru était nulle part en vue. Anna voulait lui parler, il semblerait...
—
Tu n’as presque pas regardé la télé, remarqua-t-elle. C’est bizarre,
normalement, tu restes planté devant, en essayant de m’éviter afin de ne pas
faire mon entraînement intensif. En plus, tu es plus sérieux quant à ta
vocation de Shaman King. Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as rencontré une fille à
qui tu veux plaire ?
La question était sortie toute
seule, mais Hao sentit que Anna s’était forcée à la sortir. Elle semblait se
forcer à ne pas frapper Hao rien qu’ayant le bénéfice du doute sur une relation
avec une autre fille.
Hao se dit que son frère devait
bien aimer cette fille... Alors il lui ferait plaisir.
—
Si tu veux savoir, oui. Je t’ai rencontré, Anna, et je me suis tout d’un
coup dit qu’il fallait que je me mette sérieusement à mon entraînement de
Shaman King. Ainsi tu pourrais plus tard devenir la femme du shaman le plus
puissant. N’est-ce pas ton rêve ?
Anna laissa tomber la télécommande
qu’elle tenait dans la main, les yeux exorbités. Manta voulait être encore plus
petit, se disant visiblement qu’il était de trop. Hao sourit chaleureusement à
Anna.
Il fallait bien qu’il fasse ça
pour son jumeau, quand même ! Puisqu’il ne comptait surtout pas laisser
son jumeau devenir Shaman King, il allait lui laisser au moins le bonheur
d’avoir une femme comme celle-là.
—
N’est-ce pas, répéta-t-il.
—
Comment ça t’est venu ?
—
De quoi ?
—
Ce changement qui a fait que tu veux t’entraîner plus dur rien que pour
moi.
—
Hum... J’avais ce sentiment en moi bien avant, mais je ne l’avais pas
bien interprété. Je ne m’en suis rendu compte que je voulais te faire plaisir.
Et donc pour ce bonheur, j’étais vraiment prêt à tout. Ça te dérange tant que
ça ?
—
Je vais aller me coucher.
Anna se leva précipitamment et
quitta la pièce. Hao l’entendit monter les escaliers. Il s’amusait bien. Au
moins, il espérait que son frère apprécierait.
En fait, Hao n’avait jamais
ressenti de sentiments d’amour pour quelqu’un. Il s’était toujours dit que ce
moment viendrait avec le temps, mais... le temps avait passé et personne ne lui
avait fait de l’effet. C’était bien malheureux, mais c’était comme ça.
Manta parut gêné et finalement,
repartit chez lui.
N’étant pas fatigué, Hao alla
dehors. Amidamaru n’était pas en vue, au moins il serait tranquille. Il regarda
les étoiles. Puis tout d’un coup, l’étrange sensation de la dernière fois
s’empara à nouveau de lui.
—
Enfin... !
Hao se vit quitter le corps de son
frère. Dommage, il s’y était habitué avec ses cheveux un peu trop courts à son
goût. Et puis sa cape ne lui manquait plus trop comme au début. Sans oublier le
fait qu’il s’était même habitué à des objets sans âme.
Cette fois-ci, il ne se mit pas en
colère : il l’avait su à ses dépends la première fois. Après quelques
minutes, il aperçut son frère au loin. Celui-ci le vit également.
—
Nii-san, hurla-t-il en agitant le bras.
—
Otôto, l’imita Hao. J’espère que tu ne m’en voudras pas parce que j’ai
fait avancer les choses avec ta fiancée, Anna. Très gentille...
—
Hein ? T’as fait quoi ?
—
Je lui ai fait une grande déclaration d’amour, expliqua Hao en passant à
côté de son frère. Et toi ? Qu’est-ce que tu as fait ? En as-tu parlé
avec Opacho ? Qui est au courant ?
—
J’ai pas fait grand-chose, répliqua Yoh en souriant. Mais c’est vrai que
Opacho est au courant, sinon personne d’autre : Opacho m’a dit que sinon
ils m’auraient tué... Euh, ce serait bien qu’on se revoie, hurla-t-il le plus
fort qu’il pouvait, s’éloignant de plus en plus.
—
D’accord, s’époumona Hao. Pourquoi pas dans une semaine à l’heure de
midi au cimetière de ton coin de rue ?
— Ça marche !
Hao sourit à l’idée de vraiment
rencontrer son frère. Après ce que les Asakura lui avaient fait, il avait
toujours senti comme une rancœur en lui. Si jamais il avait rencontré Yoh
avant, il l’aurait tué sans hésiter car son frère représentait la famille qu’il
avait tant méprisée... Mais maintenant, après avoir été dans le corps de cette
autre moitié, il aimerait mieux le connaître.
Quand il récupéra son corps, il ne
put s’empêcher de réveiller Opacho :
—
Qu’y a-t-il, Yoh-sama ?
—
Ça y est, tout est rentré dans l’ordre ! C’est moi, Hao.
—
Hao-sama... ?
Hao hocha la tête. Opacho sortit
complètement de son sommeil et sauta dans les bras de Hao. Celui-ci rigola.
—
Yoh-sama a toujours été très gentil avec Opacho. Il a même dit qu’il
fêterait mon anniversaire si Hao-sama ne revenait pas ! Mais Yoh-sama
n’aimait pas les actions de Hao-sama.
—
Il ne faut pas lui en vouloir, mon frère a toujours vécu dans un univers
de paix et d’amour. J’ai rencontré là-bas un de ses amis qui était vraiment
très petit.
—
Plus petit que Opacho, s’enquit le petit africain, les yeux larmoyants.
—
Mais non, sourit Hao en posant sa main dans l’épaisse chevelure du
petit. Tu es définitivement le plus petit.
—
Merci Hao-sama !
*-*-*-*-*
Quand Yoh rentra dans son vrai
corps, il se leva et poussa un cri de joie. Amidamaru le regarda
étrangement :
—
Yoh-dono ?
—
Tout va bien, Amidamaru. Au contraire. Dit... ça te dirait de faire un
pique-nique à ton cimetière la semaine prochaine ?
—
Euh... Pourquoi pas.
—
Super ! Mais n’en parle ni à Anna, ni à Manta, je préfèrerais qu’on
soit que tous les deux.
Amidamaru regarda curieusement son
maître, puis acquiesça, se demandant ce que Yoh voulait exactement.
Rentré à la maison, il s’aperçut
que Manta était déjà rentré chez lui et Anna restait introuvable. Son frère
avait fait avancer les choses... il n’en était pas trop sûr. Et puis il voulait
savoir plus de choses sur son frère. Peut-être que Anna était au courant.
Devant sa porte, il manifesta sa présence.
Après un silence, Anna sortit de
sa chambre en fermant la porte derrière elle.
—
Anna, est-ce que j’ai un frère ?
Celle-ci leva brusquement les
yeux. Elle fronça les sourcils en le fixant. Elle croisa les bras et leva le
menton de défi :
—
Qui t’en a parlé ?
—
Un esprit, mentit Yoh avec, il l’espérait, de l’aplomb.
—
Oui, en effet, tu as un frère jumeau. Il s’appelle Hao. Pour le moment,
nous ne savons pas où il est, mais il est très dangereux. Si jamais tu vois
quelqu’un qui te ressemble, fusionne avec Amidamaru et prépare-toi à te battre.
—
Pourquoi personne ne m’en a jamais parlé ?
—
C’était préférable et ce n’était pas ma décision. Ce sont tes parents et
tes grands-parents qui ont jugé tout ça utile. En fait, Hao est un de tes
ancêtres bannis de la famille Asakura pour cause de massacres. Il s’est
réincarné... Il faudra que j’informe ton grand-père que tu es au courant.
—
Tu fais ce que tu veux.
Ainsi tout le monde était au
courant... Et personne ne le jugeait digne d’être informé, alors qu’il pourrait
être le principal intéressé. Il avait toujours vécu sachant qu’il était fils
unique, qu’il serait toujours seul avec sa peine.
Chez ses grands-parents, les
autres enfants l’avaient toujours mis à l’écart. Il aurait aimé avoir un frère
ou une sœur à qui se confier.
Mais maintenant, c’était chose
faite et il comptait rattraper le temps perdu !
*-*-*-*-*
Mydaya : Bon c’est ma première fic
sur Shaman King, j’espère que ça va plaire... Je m’y suis mise paske j’avais
remarqué (à mon plus grand désespoir T-T) que y’avait presque pas de fic sur le
couple HaoxYoh ! C’est Fisou et sa fic L’étoile filante (que je conseille
de lire si c’est pas déjà fait) qui m’ont convaincu de m’y mettre !! (même
si c’était pas demandé)
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